Dialogue sous tension entre le Gouvernement et le G7 Laa COSYDEP joue aux sapeurs pompiers pour éviter une crise scolaire

Rémunération, lenteurs administratives et surimposition au cœur des débats

À l’initiative de la COSYDEP, le Gouvernement et les syndicats du G7 se sont retrouvés autour de la table, ce jeudi 12 Février 2026 ,dans un climat social toujours marqué par des crispations dans le secteur de l’éducation. Objectif affiché : renouer le fil du dialogue et apporter des réponses concrètes aux revendications des enseignants.

Les syndicats exigent des actes et un calendrier clair

Dès l’ouverture des échanges, les Secrétaires généraux des organisations membres du G7 ont exposé les griefs de la base.

Au centre des préoccupations :

un système de rémunération jugé inéquitable, marqué par de fortes disparités entre les corps ;

des lenteurs administratives persistantes, notamment dans la signature et l’application des actes concernant les décisionnaires ;

une surimposition des rappels de salaire, dénoncée comme pénalisante pour les enseignants.

Les responsables syndicaux ont insisté sur la nécessité d’engagements chiffrés et datés. Pour eux, les déclarations d’intention ne suffisent plus : ils réclament des mesures correctives urgentes.

Fonction publique : le Gouvernement prône la continuité du dialogue

Prenant la parole, le Ministre de la Fonction publique a réaffirmé que le dialogue social demeure la méthode privilégiée de gouvernance. Il a toutefois plaidé pour un format plus structuré, avec des rencontres régulières et mieux organisées.

Sur les décisionnaires, il a assuré que les textes ont été élaborés en concertation avec les syndicats et que le processus administratif suit son cours, malgré les contraintes.

Concernant la retraite, une étude globale est en cours à la suite d’instructions données au Gouvernement, la problématique touchant l’ensemble des travailleurs.

S’agissant du système de rémunération, le ministre a reconnu l’existence de disparités. L’étude réalisée en 2014 étant jugée obsolète, un expert a été mandaté pour proposer une réforme d’ensemble.

Sur les lenteurs administratives, il a annoncé la mise en œuvre d’une Stratégie nationale de transformation du secteur public, avec l’interconnexion annoncée des systèmes Mirador et GIRAFE d’ici avril.

Le ministre a également évoqué la signature prochaine d’un pacte de stabilité, accompagné d’un plan d’actions et de comités sectoriels pour assurer le suivi des engagements.

Direction de la Solde : des précisions techniques sur la fiscalité

Le Directeur de la Solde a reconnu les insuffisances de l’étude de 2014, notamment sur les indemnités. Les conclusions de la nouvelle étude sont attendues avant fin juin 2026.

Il a précisé que les rappels étaient auparavant intégrés directement au revenu annuel imposable, entraînant parfois des taux élevés. Selon lui, l’étalement aurait permis de réduire la charge fiscale.

Le taux moyen d’imposition est estimé à 18 %, avec un plafond de 33 %. Une rencontre technique est prévue avant fin février pour examiner spécifiquement la question de la surimposition. Il a également rappelé la réforme du Code des impôts intervenue en 2020.

Éducation nationale : appel à la responsabilité collective

Le Ministre de l’Éducation nationale a insisté sur la gravité de la situation, estimant que l’avenir des élèves est directement menacé par la crise.

Il a reconnu la légitimité des revendications tout en appelant à des méthodes plus adaptées au contexte actuel. Selon lui, stabiliser le système éducatif est une responsabilité partagée.

Valoriser l’école, a-t-il souligné, c’est d’abord valoriser l’enseignant. Il a invité les syndicats à travailler en partenariat avec l’État pour préserver l’année scolaire.

Société civile : l’inquiétude grandit

Les organisations de la société civile ont exprimé leur lassitude face aux grèves répétées qui affectent le quantum horaire. Elles ont lancé un appel à la suspension des mouvements et plaidé pour la préservation du droit à l’éducation.

Certaines ont proposé l’organisation d’une rencontre élargie entre la communauté éducative et le Président de la République.

Entre déclarations et attentes

Cette rencontre aura permis un échange direct et franc entre les parties. Si le Gouvernement réaffirme sa volonté de maintenir le dialogue, les syndicats du G7 attendent désormais des mesures concrètes, assorties d’un calendrier précis.

Au-delà des discours, c’est la réforme du système de rémunération, la réduction des lenteurs administratives et la correction des effets de la surimposition qui constitueront les véritables tests de crédibilité pour l’exécutif.

Mamadou Camara, journaliste

Kaolack

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