Le minimum pour un journaliste ou chroniqueur : retenue et responsabilité sur les dossiers de la justice et des limiers

Dans un contexte marqué par des affaires sensibles liées aux mœurs et à l’université, certains journalistes et chroniqueurs s’agitent et en appellent publiquement à la justice pour qu’elle tienne des conférences de presse. Une posture qui interroge.

De grâce, rappelons une évidence : des informations judiciaires sont ouvertes. Des dossiers sont pendants devant les juridictions compétentes. Les enquêtes ne sont pas définitivement bouclées. Dans ces conditions, comment peut-on exiger une communication détaillée sur des procédures en cours ?

Les institutions judiciaires ne travaillent ni dans la précipitation ni sous la pression médiatique. Elles obéissent à des règles strictes, à des principes fondamentaux, et à un cadre légal précis. Leurs garants savent ce qu’ils font. La justice n’agit ni n’importe comment, ni pour satisfaire l’impatience de l’opinion.

Il est essentiel de rappeler l’existence du secret de l’enquête et de l’instruction. Ce principe n’est pas un caprice institutionnel ; il protège à la fois les investigations, la présomption d’innocence et les droits des parties. Le méconnaître ou feindre de l’ignorer relève soit de l’amateurisme, soit d’une volonté de sensationnalisme.

Un journaliste professionnel peut disposer de sources et mener des investigations approfondies. Mais il a aussi le devoir de protéger ces sources et de mesurer l’impact de ses propos. En revanche, certains intervenants non professionnels de l’information et de la communication se distinguent par des réactions excessives, parfois ignobles, qui brouillent les pistes et compromettent le travail des enquêteurs.

Informer ne signifie pas spéculer. Commenter ne signifie pas juger. Exiger la transparence ne signifie pas piétiner les règles fondamentales de la procédure judiciaire.

Le minimum pour un journaliste, c’est la retenue. Le minimum pour un chroniqueur, c’est le respect des institutions. Et le minimum pour tout acteur public, c’est l’humilité face à des procédures qu’il ne maîtrise ni dans leur complexité ni dans leurs implications.

Plus de responsabilité, plus de professionnalisme, plus de respect : voilà ce qu’exige la gravité des situations actuelles.

Mamadou Camara, journaliste

Kaolack

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