Le Sénégal a récemment remporté la Coupe d’Afrique des Nations au Maroc. Une victoire historique célébrée à travers tout le pays. De Dakar à Kaolack, de Saint-Louis à Ziguinchor, les populations sont sorties massivement pour saluer les Lions.
À leur arrivée, les héros nationaux ont été accueillis en grande pompe depuis l’aéroport international jusqu’aux grandes artères de Dakar. Une cérémonie officielle a été organisée au Palais de la République en présence du Chef de l’État, du Premier ministre, des membres du gouvernement, de responsables de l’opposition et de nombreuses personnalités. La nation était unie, la joie légitime et la fierté immense.
Mais après cette communion nationale, ne fallait-il pas s’arrêter là pour se consacrer au travail ?
La victoire appartient à tout un peuple. Chaque citoyen a le droit de voir, de toucher et de célébrer ce trophée continental. Cette deuxième étoile est celle de tous les Sénégalais. Cependant, faut-il continuer à circuler indéfiniment avec le trophée et transformer ce moment de gloire en tournée permanente ?
Pendant que les joueurs ont regagné leurs clubs respectifs pour poursuivre leur carrière professionnelle, certains semblent profiter de la ferveur populaire pour se mettre en avant et construire une notoriété. Or le pays traverse des moments sensibles.
Le contexte universitaire demeure préoccupant. Des étudiants ont regagné leurs domiciles parce que les temples du savoir sont fermés. Des parents vivent avec l’angoisse de l’avenir de leurs enfants. Sur le plan sanitaire, les inquiétudes liées à la transmission du VIH/Sida et à d’autres problématiques de santé publique exigent davantage de sensibilisation et d’actions concrètes.
Dans un tel contexte, la célébration prolongée peut donner l’impression d’un décalage entre les priorités réelles du pays et l’agenda festif. On ne peut ignorer les situations qui préoccupent les familles, l’avenir des élèves et étudiants, la stabilité du système éducatif et les difficultés sociales des ménages.
La célébration était légitime, elle a été forte et mémorable. Mais une nation ne peut vivre durablement dans l’euphorie. Le Sénégal a montré qu’il savait gagner. Il doit maintenant montrer qu’il sait hiérarchiser les urgences et répondre aux attentes profondes de sa population.
La coupe restera dans l’histoire. Les défis, eux, exigent des réponses immédiates.
Éditorial
Mamadou Camara, journaliste
Camou Communication
Kaolack
