Pour un dialogue sincère entre l’Etat et les syndicats d’enseignants : un impératif pour sauver l’école sénégalaise

Le système éducatif sénégalais traverse aujourd’hui une période de tension qui interpelle l’ensemble de la société. Les syndicats d’enseignants, en première ligne, ne cessent de faire entendre leurs préoccupations, parfois légitimes, parfois urgentes. Il devient clair que l’État gagnerait à instaurer un dialogue franc et sincère, structuré autour d’un calendrier précis de concertation, afin de traiter les questions sensibles avec sérieux et transparence.

Parmi les principales revendications des syndicats, plusieurs points sont prioritaires : l’amélioration des conditions de travail des enseignants, l’augmentation des salaires et primes, la régularisation des avancements de carrière et la fourniture de matériel pédagogique suffisant dans toutes les écoles. Les syndicats dénoncent également la surcharge des classes, le manque d’enseignants qualifiés dans certaines zones, et l’insuffisance de la formation continue pour permettre aux enseignants de mieux accompagner les élèves dans un contexte en constante évolution.

Des avancées ont été notées ces dernières années. Certains avancements ont été régularisés, des efforts sont faits pour équiper certaines écoles en manuels et matériels didactiques, et le dialogue avec certaines structures syndicales a permis de limiter des conflits majeurs. Cependant, ces progrès restent partiels et loin de répondre aux attentes légitimes des enseignants et, par ricochet, des élèves.

Il est donc nécessaire de dépasser la simple logique de concessions ponctuelles et de mettre en place un cadre de concertation plus souple et régulier, capable d’anticiper les conflits et de créer une véritable culture de dialogue. Pour sauver l’école, plusieurs alternatives peuvent être envisagées : accélérer le recrutement d’enseignants qualifiés pour réduire les classes surchargées, renforcer la formation continue et l’accompagnement pédagogique, assurer une meilleure répartition des ressources entre écoles urbaines et rurales, et impliquer activement les parents et communautés dans la vie scolaire. Ces mesures permettraient non seulement de répondre aux revendications immédiates, mais aussi de construire un système éducatif durable et équitable.

L’éducation est l’affaire de tous. Elle conditionne l’avenir du pays et le devenir de chaque enfant. L’écoute, la concertation et la mise en œuvre d’actions concrètes sont donc indispensables pour instaurer un climat de confiance entre l’État et les enseignants. C’est par cette démarche que des solutions équilibrées et durables pourront émerger, au bénéfice des enseignants, des élèves et, finalement, de la société toute entière.

Mamadou Camara  Journaliste

Kaolack

 

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