TAKS OFF : À QUI PROFITENT LES 1 500 FRANCS PRÉLEVÉS SUR LES SALAIRES DES ENSEIGNANTS ?

Chaque mois, 1 500 francs CFA sont prélevés à la source sur le salaire de nombreux enseignants au titre du “taks off”. Sur ce montant, 500 francs seraient destinés aux œuvres sociales, le reste revenant aux syndicats affiliés.

Sur le principe, le mécanisme semble clair : l’État effectue la retenue et reverse les sommes aux organisations syndicales concernées pour chaque enseignant syndiqué. Mais dans la pratique, des zones d’ombre persistent et alimentent les interrogations.

Si la ponction est bel et bien opérée sur les bulletins de salaire, la responsabilité de gestion incombe ensuite aux syndicats. Ces fonds sont censés servir à l’assistance sociale, à la solidarité entre membres, au fonctionnement des structures et au soutien des adhérents en difficulté.

Mais les montants prélevés sont-ils intégralement reversés ? Les syndicats rendent-ils systématiquement compte de leur gestion à la base ?

Sur le terrain, certains enseignants affirment constater la retenue mensuelle sans percevoir de retombées concrètes. D’autres évoquent un manque d’informations claires sur l’utilisation des fonds. Le malaise s’installe, nourri par un déficit de communication et de transparence.

Plusieurs questions demeurent :

L’État reverse-t-il l’intégralité des sommes collectées aux syndicats ?

Existe-t-il un mécanisme de suivi et de contrôle du circuit financier ?

Les organisations publient-elles régulièrement leurs états financiers ?

Les membres bénéficient-ils effectivement des prestations prévues ?

À cela s’ajoute un autre constat : certains responsables syndicaux restent discrets sur ce dossier sensible. Les tournées à l’intérieur du pays sont souvent mises en avant pour montrer la proximité avec la base. Pourtant, sur la question précise des prélèvements et de leur gestion, les explications publiques se font rares.

Dans certains cas, des enseignants déplorent des difficultés de prise en charge lors d’événements malheureux, notamment en cas de décès ou de situation sociale urgente. Ce décalage entre cotisations régulières et assistance parfois jugée insuffisante accentue le sentiment d’incompréhension.

Dans un contexte où le pouvoir d’achat des enseignants est déjà fragilisé, chaque franc compte. Une retenue mal expliquée ou perçue comme opaque devient une source supplémentaire de frustration et d’érosion de la confiance.

Il devient impératif d’éclairer cette situation. Transparence sur les montants collectés, clarification du circuit de reversement entre l’État et les syndicats, reddition de comptes régulière : autant d’exigences légitimes pour restaurer la confiance.

Au-delà des 1 500 francs, c’est la crédibilité du mouvement syndical et la confiance entre dirigeants et base qui sont en jeu. Les enseignants ont droit à des réponses claires

.Mamadou Camara, journaliste

Camou Communication

Kaolack

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