Sénégal : Le « ndogou » des élus face à la précarité des familles Chers élus, des goorgorlu et des familles coupent leur jeûne avec de l'eau sec

Au Sénégal, certains membres de la minorité au pouvoir semblent privilégier des cérémonies de prestige, appelées “ndogou”, organisées au Palais de la République, en invitant députés, coordonnateurs départementaux et autres responsables politiques. Pendant ce temps, de nombreuses familles vulnérables et des jeunes de quartiers populaires peinent à trouver les moyens de rompre leur jeûne correctement.

Depuis plusieurs jours, la scène est claire : d’abord les coordonnateurs du parti au pouvoir, puis les députés d’une autre formation politique étaient conviés. Et demain, d’autres responsables politiques pourraient également être invités. Mais le vrai problème reste : pourquoi organiser ces cérémonies dans un cadre institutionnel alors que tant de citoyens n’ont même pas de quoi assurer un repas de rupture de jeûne digne ?

Au même moment où les convives du Palais dégustent gâteaux et mets raffinés, des familles populaires, elles, doivent se contenter d’eau ou d’un repas minimal pour permettre à leurs enfants de dîner. Des jeunes Goorgorlu, eux, travaillent dans les chantiers ou dans les unités industrielles simplement pour nourrir leurs proches. Où est passée la solidarité qui devrait caractériser notre société, surtout en ce mois béni de Ramadan ?

Tout citoyen privilégié devrait se rappeler que sa position implique responsabilité et considération pour ceux qui l’ont porté au pouvoir. Le peuple a voté pour ces élus, leur offrant une majorité écrasante lors de la présidentielle de 2024 et des législatives. Aujourd’hui, organiser des “ndogou” de prestige, sans penser à ceux qui ont voté pour vous, apparaît non seulement inhumain, mais aussi indécent et révoltant.

Les prochaines échéances électorales, locales en 2027 et présidentielle en 2029, rappelleront à ces élus l’importance du lien avec le peuple. Les citoyens observent, patiemment, et se souviendront de ces actes. Au lieu de privilégier le faste et le prestige, pourquoi ne pas consacrer ce mois béni à des actions concrètes de solidarité, permettant à chacun de vivre dignement le Ramadan ?

Il est temps que le respect du peuple et de ses difficultés guide les actions des responsables politiques. Les cérémonies au Palais, réservées à une élite politique, doivent céder la place à la solidarité et à l’empathie envers ceux qui ont toujours le dernier mot dans les urnes.

Mamadou Camara – Journaliste, Kaolack

 

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