Sénégal : Le Pouvoir et le Peuple , entre Ndogou et Réalité

Chers responsables politiques,

Savez-vous que des Sénégalais commencent à vous sortir de leur cœur ? Vous avez vendu aux citoyens un projet ambitieux, et nombreux étaient ceux qui se sont constitués en bouclier pour le défendre. Plus de 80 morts, des arrestations, des sacrifices consentis pour protéger ce projet, son gardien et celui qui détient la dernière signature légale.

Et pourtant, aujourd’hui, certaines pratiques semblent nier ces engagements. Les invitations aux « ndogou » organisées par des députés et coordinateurs départementaux du Pastef, dans un mois béni de Ramadan, sont perçues par beaucoup comme du « kokali » envers un peuple qui vous a tout donné. Ces gestes, loin d’honorer le citoyen, risquent de creuser un fossé entre le pouvoir et le peuple.

Les élus et Directeurs généraux, nommés par décret, ferment leurs téléphones aux bases politiques et se retranchent derrière des véhicules aux vitres teintées, comme pour se cacher de ceux qu’ils sont censés servir. Cette attitude traduit une déconnexion inquiétante.

Faites des sondages : vous découvrirez que la colère et la déception montent. Certains citoyens qui se sont battus pour élire un président se sentent aujourd’hui trahis. D’autres considèrent ces gestes comme du mépris, du « m’attriste » et du « xebe » envers le peuple.

Il est temps de revenir sur terre. Le pouvoir n’est pas éternel. Il existe un avant-pouvoir, un pouvoir et un après-pouvoir — et les élections ne doivent jamais être oubliées. Vous dépendez des citoyens pour être élus. Ces actes, s’ils persistent, risquent de compromettre la confiance pour 2027 et 2029.

Le pouvoir est un mandat, pas un privilège. Rendre au peuple ce qu’il mérite n’est pas une option : c’est un impératif moral et politique.

Mamadou Camara, journaliste

Camou Communication

Kaolack

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