À l’approche du mois de Ramadan, la scène sociale au Sénégal a toujours été marquée par des actions de solidarité et de bienfaisance. Sous les régimes précédents, le Ministère de la Famille et de la Solidarité nationale, les Secours Islamiques ainsi que de nombreux partenaires et ONG étaient régulièrement présents sur le terrain.
Au niveau des municipalités, le volet social n’était jamais négligé. De nombreuses communes, en collaboration avec leurs partenaires, distribuaient des kits alimentaires comprenant huile, sucre et riz aux familles vulnérables, aux associations de personnes handicapées et aux populations en difficulté. Ces gestes, salués par la population, étaient parfois accompagnés par des responsables politiques eux-mêmes, qui participaient activement à ces initiatives.
Cependant, une fois leur mandat terminé, ces mêmes responsables disparaissaient souvent de la scène sociale, laissant un vide dans les actions de solidarité.
Avec l’arrivée du régime actuel, certains observateurs constatent un changement sur le terrain. Pour l’instant, aucune initiative similaire n’a été remarquée, même si l’on peut envisager qu’elles se déroulent dans une grande discrétion. Certains évoquent également des obstacles administratifs ou politiques — le « Jub Jub Jubal » — qui pourraient freiner de telles actions.
Pourtant, alors que les députés et élus du peuple sont conviés au Palais pour le traditionnel « ndogou », les familles vulnérables, elles, semblent attendre encore leur soutien. Une situation qui ne manque pas de susciter un certain malaise et un pincement au cœur.
Mamadou Camara
Journaliste – Kaolack
