Les députés pastefiens ont été élus pour porter la voix du peuple, défendre ses préoccupations et incarner la rupture promise. À l’hémicycle, certains s’acquittent pleinement de cette mission, en interpellant le gouvernement, en posant les vraies questions et en assumant leurs responsabilités. Mais d’autres choix récents interrogent.
Alors que le pays traverse des moments sociaux sensibles, voir des députés se rendre au Palais pour un « ndogou » officiel a suscité incompréhensions et critiques. Beaucoup de citoyens y ont vu un symbole fort : celui d’une proximité mal assumée avec le pouvoir, au moment même où une partie de la population attend des actes fermes et cohérents.
Dans les commentaires, les réactions n’ont pas tardé :
« On ne peut pas être blanc et bleu à la fois », disent certains.
D’autres estiment que cette participation aurait été une forme d’humiliation politique, voire un rappel à l’ordre déguisé.
Pourtant, au sein même du groupe, des députés ont décliné l’invitation, estimant que la cohérence avec leur engagement primait sur toute considération protocolaire. Ce geste, pour leurs partisans, traduit une fidélité au projet et au sacrifice consenti par des milliers de militants.
Car au-delà d’un simple repas de rupture du jeûne, c’est la question de la posture politique qui est posée. La rupture ne se proclame pas ; elle se démontre dans les actes. Défendre une cause exige constance, clarté et respect des engagements pris devant les électeurs.
Le peuple observe. Il compare les discours aux comportements.
Il attend des représentants qu’ils incarnent la dignité, le courage et la cohérence.
Être député, ce n’est pas seulement siéger à l’Assemblée.
C’est porter une responsabilité morale face à ceux qui ont placé leur confiance.
La rupture, si elle doit exister, commence par l’exemplarité.
Mamadou Camara, journaliste
Kaolack
