Ces derniers jours, plusieurs informations relayées dans l’espace public font état d’interpellations d’élèves et d’étudiants impliqués dans des affaires liées à des actes contre nature, à l’homosexualité ou encore à des cas présumés de transmission volontaire du VIH. Que ces faits soient isolés ou révélateurs d’un malaise plus profond, une évidence s’impose : les établissements scolaires et universitaires ne sont plus totalement à l’abri de certaines dérives sociales.
L’école, longtemps perçue comme un sanctuaire du savoir et des valeurs, se retrouve aujourd’hui confrontée à des réalités nouvelles. Les mutations sociales, l’influence des réseaux sociaux et l’accès précoce à des contenus parfois inappropriés exposent davantage les jeunes à des comportements à risque. Dans ce contexte, la question n’est plus seulement judiciaire ou morale : elle devient éducative, sociale et préventive.
Face à cette situation, les autorités académiques et le corps enseignant ont un rôle central à jouer. La sensibilisation doit devenir un pilier de l’action éducative. Elle doit passer par des programmes d’information adaptés à l’âge des apprenants, portant sur les valeurs citoyennes, la responsabilité individuelle, la santé sexuelle et les conséquences juridiques et sanitaires de certains comportements.
Mais l’école ne peut agir seule. L’État, à travers les ministères en charge de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Santé, doit renforcer les dispositifs d’accompagnement. Cela peut se traduire par la mise en place de cellules d’écoute et d’orientation dans les établissements, le déploiement de psychologues scolaires, ainsi que l’organisation régulière de campagnes de sensibilisation impliquant médecins, éducateurs et spécialistes des questions de jeunesse.
La famille et les communautés éducatives doivent également être associées à cet effort collectif. Les associations de parents d’élèves, les organisations estudiantines et les structures communautaires peuvent contribuer à créer un cadre de dialogue et de prévention. L’objectif est clair : instaurer une véritable communion entre tous les acteurs du système éducatif afin de protéger les jeunes et préserver l’environnement scolaire.
Il ne s’agit pas de stigmatiser, mais de prévenir. L’avenir d’un pays repose en grande partie sur sa jeunesse. Préserver l’école et l’université de certaines dérives sociales exige donc une mobilisation collective, fondée sur l’éducation, la responsabilité et la vigilance.
Car sauver l’avenir de demain commence par protéger la jeunesse d’aujourd’hui.
Mamadou Camara, journaliste- Kaolack
