L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté, à une écrasante majorité, la loi portant durcissement des peines liées à l’homosexualité et aux actes contre nature. Au cours des débats, le ministre de l’Intérieur, Jean Baptiste Tine, a développé une argumentation juridique détaillée, démontrant une maîtrise du lexique et des fondements du droit pour défendre le projet de loi devant les députés.
Malgré ce large consensus parlementaire, quelques voix discordantes se sont fait entendre. Des députés de l’opposition, notamment Abdou Mbow de l’Alliance pour la République et Thierno Alassane Sall, ont publiquement affirmé qu’ils ne voteraient pas ce texte.
Dans les rangs de la majorité, les députés de PASTEF ont, pour leur part, mis en avant le poids de leur majorité parlementaire. Certains en ont également profité pour lancer des piques à l’endroit du ministre Abdourahmane Diouf, en référence à certaines de ses prises de position passées.
Mais au-delà de l’arène parlementaire, un autre phénomène attire l’attention de l’opinion publique : le silence de plusieurs figures de la société civile. Des citoyens s’interrogent notamment sur le mutisme de certains activistes et défenseurs des droits qui, habituellement, prennent position sur des questions touchant à la gouvernance ou aux libertés publiques.
Des personnalités comme Alioune Tine, souvent présentes dans le débat public pour commenter l’actualité politique ou dénoncer certaines décisions des autorités, ne se sont pas encore exprimées sur cette loi. Une absence de réaction qui intrigue une partie de l’opinion.
Pour beaucoup, ces activistes ont toujours affirmé porter la voix des préoccupations du peuple. Leur parole s’est régulièrement fait entendre dans les médias et les espaces publics chaque fois qu’il s’agissait de défendre des principes ou de dénoncer des dérives.
Aujourd’hui, face à une loi qui suscite de nombreux débats dans la société sénégalaise, leur silence soulève des interrogations. Est-ce un choix de neutralité, une stratégie de prudence ou un positionnement encore en réflexion ?
Quoi qu’il en soit, l’opinion publique observe attentivement. Dans un contexte où la société civile joue souvent un rôle de vigie, ce moment apparaît pour certains comme une occasion pour ces acteurs d’exprimer clairement leur position sur un sujet qui continue d’alimenter les discussions au sein de la société.
