Quand la FSF tourne le dos à l’essentiel

Au moment où dix-huit supporters sénégalais croupissent en prison au Maroc, une autre scène, bien plus troublante, se joue au sommet du football national. Des membres du comité exécutif de la Fédération sénégalaise de football (FSF) se livrent à des altercations verbales, des injures et des querelles internes, révélant un profond malaise dans la gouvernance du sport roi.

Ce contraste est choquant. D’un côté, des compatriotes en détresse, des familles dans l’angoisse, des citoyens et des bonnes volontés qui se mobilisent pour apporter soutien et assistance. De l’autre, une instance dirigeante qui semble absorbée par des rivalités internes, incapable d’afficher solidarité et responsabilité dans un moment aussi critique.

Aucun geste significatif, aucune initiative forte de la FSF en direction des supporters détenus ou de leurs familles. Ce silence, cette absence d’engagement, interrogent et indignent. Le football, au-delà du jeu, est censé incarner des valeurs de fraternité, de patriotisme et d’unité nationale. Aujourd’hui, ces valeurs semblent mises à mal.

L’État ne peut rester indifférent face à une telle situation. Il en va de l’image du pays, du respect dû aux citoyens et de la crédibilité de nos institutions sportives. Le mépris ressenti par une partie de l’opinion publique est réel, tout comme le sentiment de déshonneur.

Plus largement, c’est toute la notion de patriotisme sportif qui est bafouée. Lorsque ceux qui sont censés porter haut les couleurs nationales se perdent dans des conflits internes, le message envoyé est désastreux, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Face à cela, la société civile est en droit de réagir. Une mobilisation citoyenne, pacifique et responsable, pourrait être un signal fort pour exiger plus de transparence, de solidarité et de sens des responsabilités.

Car au final, au-delà des querelles et des intérêts particuliers, c’est l’image du Sénégal qui est en jeu. Et elle mérite mieux que des divisions et des silences coupables.

Mamadou Camara, journaliste

Kaolack

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