Depuis le début des arrestations liées à l’affaire dite des “actes contre nature et homosexualité”, plusieurs journalistes et animateurs de radios et télévisions ont été interpellés. Une situation préoccupante, d’autant plus que les personnes concernées exercent dans des médias bien connus du paysage audiovisuel sénégalais.
Aujourd’hui, l’image de la presse sénégalaise se trouve fortement ternie par ces scandales. Ce contexte interpelle et appelle à une prise de responsabilité collective. Il devient urgent que les responsables d’organes de presse, les parlementaires, les autorités étatiques, le CORED ainsi que les organisations professionnelles se mobilisent pour accompagner et redresser cette corporation essentielle à la démocratie.
La presse, jadis perçue comme un pilier de régulation sociale, semble aujourd’hui fragilisée. Certains de ses acteurs, volontairement ou non, sont accusés de servir de relais à des pratiques jugées contraires aux valeurs sociales. Cette dérive alimente un malaise profond au sein de la profession.
Autrefois, journalistes et animateurs jouaient un rôle central dans la sensibilisation, l’éducation et la défense des normes sociales. Mais aujourd’hui, une partie du secteur semble s’éloigner de cette mission fondamentale. Les professionnels formés et diplômés, attachés à l’éthique et à la déontologie, se sentent de plus en plus marginalisés.
Face à cette situation, l’assainissement du secteur de la presse apparaît comme une priorité nationale. Lutter contre l’amateurisme, encadrer les chroniqueurs non qualifiés et renforcer les mécanismes de régulation deviennent indispensables pour restaurer la crédibilité des médias.
Car au-delà de la profession elle-même, c’est toute la société sénégalaise qui est en jeu. Les citoyens ont droit à une information fiable, responsable et de qualité. Sans une presse forte, crédible et éthique, le risque est grand de voir s’aggraver la crise de confiance déjà perceptible.
Mamadou Camara- journaliste
Kaolack
