Éditorial : Moderniser la justice et la sécurité sur l’ensemble du territoire national

Le travail du procureur Saliou Dicko et de plusieurs de ses collègues à travers le pays mérite d’être salué. À Kaolack, le procureur Abass Wane, tout comme Abdoulaye Diagne Gueye ,substitut procureur à Pikine-Guédiawaye , entre autes de la justice  , incarne cet engagement constant au service de la justice. Ces magistrats, à l’image de nombreux acteurs du système judiciaire, jouent un rôle déterminant dans la préservation de l’ordre public et la protection des citoyens.

Cependant, au-delà de la reconnaissance, se pose aujourd’hui la question des moyens. Dans un contexte marqué par l’évolution des formes de criminalité et l’extension des zones urbaines et rurales, la modernisation des outils devient une exigence. Le New Deal technologique et les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication offrent une opportunité stratégique pour renforcer durablement l’efficacité de la justice et des forces de sécurité.

Cette modernisation doit concerner l’ensemble du territoire national. Des zones urbaines comme Dakar, Pikine ou Kaolack, aux contrées plus éloignées comme le Fouta, la Casamance ou le Sénégal oriental, les besoins restent importants. Dans plusieurs localités, l’insuffisance d’équipements technologiques limite encore la capacité d’intervention, de surveillance et d’anticipation des services de sécurité.

Il est vrai qu’une interconnexion existe déjà entre les différents services — justice, police, gendarmerie et administration territoriale. Mais pour mieux remplir leurs missions, cette interconnexion doit être renforcée, étendue et surtout rendue pleinement opérationnelle sur l’ensemble du territoire. L’enjeu n’est plus seulement de connecter, mais d’équiper efficacement et équitablement.

Le déploiement de caméras de surveillance de proximité apparaît ainsi comme un levier concret. Installées dans les quartiers, les marchés, les axes routiers et les lieux publics sensibles, ces dispositifs peuvent contribuer à dissuader les actes délictueux, faciliter les enquêtes et améliorer la réactivité des forces de l’ordre. Couplées à des centres de contrôle modernes et à des bases de données interconnectées, elles renforcent la capacité de prévention et de gestion des incidents.

Les brigades de recherches, la Division des Investigations Criminelles et la police nationale gagneraient également à être davantage équipées en outils numériques, en systèmes de géolocalisation et en technologies d’analyse. Une meilleure coordination entre ces services et l’administration territoriale permettrait d’optimiser la circulation de l’information et la prise de décision.

Mais cette transformation ne saurait être pleinement efficace sans l’implication des citoyens. La sécurité est une responsabilité partagée. La collaboration entre les populations et les forces de défense et de sécurité doit être encouragée à travers des mécanismes de signalement, des plateformes numériques accessibles et une sensibilisation accrue. Des citoyens engagés, informés et confiants constituent un maillon essentiel dans la chaîne de prévention.

Ainsi, moderniser la justice et la sécurité ne se limite pas à un simple enjeu technique. Il s’agit d’un choix stratégique pour garantir l’équité territoriale, renforcer la présence de l’État dans toutes les zones du pays et consolider la paix sociale. Investir dans les technologies, rapprocher les services des citoyens et valoriser les acteurs engagés sur le terrain sont autant de conditions pour bâtir un système plus efficace et plus crédible au service de tous . Mamadou Camara-Journaliste Kaolack

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