Kaolack : des ferrailleurs dénoncent des pratiques inéquitables dans la filière des métaux recyclés Sérigne Momath Sokhna, président des exportateurs de métal du Sénégal et président denla coopérative des ferrailleurs de Kaolack interpelle l'Etat

Un arrêté contesté et des inquiétudes sur la régulation du marché et la fixation des prix

À Kaolack, la filière des métaux recyclés est secouée par une vague de contestations. Des professionnels du secteur critiquent ouvertement les conditions actuelles d’achat et de commercialisation des matières issues de la récupération, qu’ils jugent déséquilibrées.

Parmi eux, Serigne Momar Sokhna a exprimé son indignation face à ce qu’il considère comme un traitement inégal dans le fonctionnement du marché. Il pointe notamment un arrêté ministériel en vigueur depuis près d’un an, qui empêche les exportateurs d’accéder directement aux produits collectés.

Selon lui, la mesure impose que toute la matière soit d’abord dirigée vers une unité industrielle. Une disposition qu’il juge inefficace : « L’usine ne prend que la quantité qu’elle peut transformer, le reste est revendu aux exportateurs. Cela crée un circuit inutile et bloque les activités, avec à la clé une forme de monopole. »

Le responsable estime également que cette organisation ne respecte pas les règles initialement établies dans le secteur. Il rappelle que les textes antérieurs permettaient aux exportateurs de s’approvisionner directement auprès des collecteurs, sans intermédiaire. « Les exportateurs doivent acheter directement la fonte auprès des ferrailleurs du Sénégal à partir des dépôts et les exporter directement à l’étranger sans intermédiaire, c’est cela que le décret de 2016 a dit. Le fournisseur vendait directement la fonte à l’exportateur, sans intermédiaire », a-t-il fait savoir.

Dans la même dynamique, il regrette un déséquilibre entre les différents acteurs : « Cette situation montre à suffisance qu’au Sénégal, les industriels sont mieux protégés au détriment des exportateurs. Or, les industriels à eux seuls, ne peuvent pas développer le secteur. La fonte pour les exportateurs et la transformation de la ferraille pour les industriels. Les décrets d’application doivent être respectés. »

La question des prix constitue également un point de friction. Il évoque l’existence d’un tarif officiel, tout en dénonçant des écarts dans son application : « C’est un prix fixe. Mais elle appliquait une différence de prix pour les clients. »

Face à ces préoccupations, il appelle à une correction rapide des dysfonctionnements observés et interpelle les autorités compétentes afin de rétablir plus d’équité dans l’organisation du secteur.

Mamadou Camara, journaliste

Camou Communication

Kaolack

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