Médias sénégalais : quand la dérive des moeurs ternit toute une corporation

La presse sénégalaise traverse aujourd’hui l’une des périodes les plus troubles de son histoire récente. Après des cas signalés chez des élèves, étudiants et citoyens déclarés séropositifs à la suite de rapports sexuels non protégés, une nouvelle onde de choc frappe désormais le monde des médias.

Des animateurs, journalistes, chroniqueurs et présentateurs ont été interpellés par la Brigade de recherches de Keur Massar. Sur la cinquantaine de personnes arrêtées, plusieurs acteurs de la presse figurent au cœur de cette affaire qui suscite indignation et inquiétude.

Ce constat est alarmant. Il révèle une crise profonde qui dépasse les faits divers pour interroger les fondements mêmes de la profession journalistique au Sénégal. Une presse autrefois respectée, crédible et porteuse de valeurs semble aujourd’hui fragilisée, meurtrie et, pour certains, décrédibilisée.

Il fut un temps où les grandes figures du journalisme incarnaient la rigueur, l’éthique et la dignité. Ces hommes et femmes étaient des modèles, des repères pour toute une génération. Mais aujourd’hui, dans un paysage médiatique où prolifèrent chroniqueurs improvisés, reporters autoproclamés et journalistes amateurs, les dérives comportementales et les problèmes de mœurs prennent une ampleur inquiétante.

Le plus troublant reste le silence. Un silence pesant, parfois complice, de certains doyens et patrons de presse face à ces pratiques qui ternissent l’image de toute une corporation. Les micros et les caméras, censés éclairer l’opinion, semblent désormais muets… mais pleurent en silence.

Trop, c’est trop.

Les autorités étatiques, les parlementaires, le ministère de tutelle, les organisations de la société civile crédibles ainsi que les leaders d’opinion doivent impérativement se mobiliser. Il en va de la crédibilité de la presse sénégalaise, mais aussi de la préservation des valeurs morales et professionnelles.

Car aujourd’hui, une confusion inquiétante s’installe : on ne sait plus qui est qui, ni qui fait quoi dans ce secteur. Pourtant, il existe encore des journalistes compétents, intègres et profondément attachés à l’éthique. Ceux-là ne doivent pas être noyés dans cette crise.

Se taire face à une telle situation, c’est en devenir complice.

L’État, les députés, le ministre de tutelle et les responsables d’entreprises de presse sont interpellés. L’heure n’est plus aux constats, mais à l’action.

Mamadou Camara, journaliste-communicant

Kaolack

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