Il est temps que les autorités prennent leurs responsabilités.
De plus en plus, des influenceurs et tiktokeurs citent nommément des personnalités dans des affaires de mœurs, souvent sans preuve. En réalité, qu’ils soient au Sénégal ou à l’étranger, beaucoup d’entre eux diffusent des informations erronées, voire totalement inventées.
Ces chroniqueurs amateurs, influenceurs et tiktokeurs sèment la confusion dans notre pays. Ils attisent les tensions en tenant des propos extrêmement graves, parfois plus nuisibles que tout ce que l’on prétend combattre. Certains manipulent l’opinion, inventent des faits et, en contrepartie, ne le font pas gratuitement.
Pourtant, on les laisse exagérer, insulter, calomnier et intoxiquer l’espace public. Ils parlent sans retenue. Je crains qu’un jour, si l’État ne met pas un frein à ces dérives, la situation ne dégénère dans la rue.
Ils s’acharnent sur d’honnêtes citoyens, des pères et mères de famille, en racontant n’importe quoi. Dans certaines affaires dites “contre nature”, ils s’expriment comme s’ils avaient été témoins directs des faits. Depuis l’étranger, certains prétendent informer les Sénégalais alors qu’ils ne maîtrisent même pas les bases du métier de journaliste. Des fraudeurs, des falsificateurs, dictent aujourd’hui leur loi à des citoyens respectables à travers les plateaux de télévision et les radios.
Vous pensez peut-être que ce sont certaines pratiques contraires à nos valeurs qui détruisent la société. Mais en réalité, ce sont aussi ces chroniqueurs amateurs, ces influenceurs sans scrupules, qui se permettent de donner des leçons de morale tout en contribuant à la dégradation du débat public.
Plus le temps passe, plus les excès s’aggravent. Ce phénomène risque de conduire le Sénégal vers une situation préoccupante. Aujourd’hui, n’importe qui — tailleurs, commerçants ou autres — s’improvise analyste et dirige les débats dans les médias.
Il faut du courage et une véritable volonté politique pour mettre fin à ces dérives. Ces individus s’attaquent aux plus hautes autorités, à des personnalités politiques, en inventant des accusations pour gagner de l’argent sale.
Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Premier ministre,
Monsieur le Ministre de la Communication,
Mesdames et Messieurs les députés,
Levez-vous pour freiner ce fléau médiatique devenu plus dangereux que bien d’autres maux que l’on dénonce.
Mamadou Camara,
journaliste-Communicant.
Kaolack
