Sonko-Boniface : quand la profondeur intellectuelle se heurte à la superficialité médiatique

La conférence animée par Ousmane Sonko et le géopolitologue Pascal Boniface, auteur de l’ouvrage Les 20 maîtres du monde, autour du thème « Souveraineté, autonomie stratégique et géopolitique dans un monde en profondes mutations », s’est imposée comme un véritable point de convergence des intellectuels et économistes de renom.

Cette rencontre de haut niveau a mis en lumière des problématiques essentielles liées au repositionnement de l’Afrique dans un nouvel ordre mondial en recomposition. Aujourd’hui, partout dans le monde, experts et analystes se penchent avec sérieux sur ces questions complexes, exigeant rigueur, culture et profondeur intellectuelle.

Mais au Sénégal, le contraste est frappant.

Une partie du paysage médiatique, composée de certains journalistes, chroniqueurs et acteurs politiques, semble incapable de saisir la portée réelle de ces débats. Faute de maîtrise des concepts économiques et géopolitiques, ces derniers se réfugient dans des considérations superficielles, souvent linguistiques, évitant ainsi le fond du sujet.

Ce décalage met en évidence une carence préoccupante : l’absence d’un socle intellectuel solide pour analyser des enjeux aussi stratégiques. À quelques exceptions notables — comme certains analystes reconnus pour leur rigueur et leur maîtrise — une frange importante du débat public reste enfermée dans des postures approximatives, voire stériles.

Incapables de décortiquer des ouvrages de référence comme Les 20 maîtres du monde, certains intervenants préfèrent réduire des problématiques complexes à de simples querelles politiciennes. Une attitude qui dessert non seulement le débat public, mais aussi le droit fondamental des citoyens à une information de qualité.

Car les Sénégalais, comme tous les citoyens, méritent mieux. Ils ont droit à des analyses économiques rigoureuses, à des lectures géopolitiques éclairées, et à des débats nourris par des arguments solides plutôt que par des approximations.

Le journalisme, dans sa mission première, exige compétence, culture générale, capacité d’analyse et indépendance d’esprit. Informer ne s’improvise pas. Analyser encore moins. Sans formation continue, sans recherche approfondie et sans un minimum de rigueur intellectuelle, toute tentative d’explication des dynamiques internationales devient un exercice périlleux, voire ridicule.

Aujourd’hui, une certaine médiocrité s’installe dans plusieurs plateaux médiatiques, où les débats tournent en boucle autour de considérations politiciennes parfois infantiles, au détriment des véritables enjeux de développement.

Dès lors, une question s’impose : faut-il réformer en profondeur le secteur des médias ?

Car au-delà des talents bien formés issus de grandes écoles — souvent marginalisés pour leur indépendance — persiste un système où la complaisance semble parfois primer sur la compétence.

Dans cette configuration, le principe tend à devenir la médiocrité, tandis que l’excellence apparaît comme une exception.

Il est temps de réhabiliter la valeur du savoir, de promouvoir la compétence et d’exiger des standards plus élevés dans le traitement de l’information.

Un journaliste digne de ce nom doit être, avant tout, un intellectuel engagé au service de la vérité et de la nation.

Mamadou Camara

Journaliste – Communicant

Kaolack

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