Les artisans sollicitent financements, formation et accès au foncier pour booster leur secteur
Le Réseau pour la promotion des artisans de Kaolack organise un point de presse ce samedi 11 avril 2026 au Royaume des Enfants, en face du stade Lamine Guèye, à partir de 15 heures. À travers cette rencontre, les artisans entendent porter haut leurs revendications et réaffirmer leur rôle central dans le développement économique et social du Sénégal.
Prenant la parole, Babacar Diouf, secrétaire général de la coopérative du réseau, a insisté sur la portée symbolique de la cérémonie de « sargal », dédiée aux aînés et à la mémoire des artisans disparus. « Les artisans ne forment jamais des chômeurs, mais des créateurs. À part le bon Dieu, nous sommes des créateurs. Nous devons bénéficier de reconnaissance et de considération de la part des autorités », a-t-il déclaré.
Dans la même dynamique, il a rappelé que le secteur de l’artisanat constitue une force majeure du tissu économique national. « Comme l’a souligné le président de la Chambre des Métiers, Sidy Diop, nous représentons une grande partie de la population. Nous sommes des formateurs, des créateurs, des éducateurs et des encadreurs. L’artisanat est le secteur le plus transversal. À ce titre, nous devons être représentés dans les instances de décision et considérés comme de véritables leviers de développement », a-t-il plaidé.
Parmi les préoccupations majeures évoquées figure la création d’un ministère de l’Artisanat autonome, non rattaché à un autre département. Selon les artisans, une telle mesure permettrait de booster durablement le secteur et de mieux répondre à ses enjeux spécifiques.
Babacar Diouf est également revenu sur la situation du site attribué aux artisans sous le magistère de l’ex-maire Mariama Sarr. « À ce jour, nous n’avons qu’un seul partenaire, les Salins du Sine Saloum, ainsi qu’un appui de Bara Seck, fils de l’ex-président de la Chambre des Métiers de Kaolack. Malgré la visite du directeur de l’Artisanat et les promesses de l’État, rien de concret n’a encore été réalisé », a-t-il regretté.
Il a en outre souligné l’importance de la coopérative, qui vise à structurer les artisans afin de leur permettre d’accéder à des marchés aux niveaux local, national et sous-régional. « L’État doit nous accompagner dans la formalisation, garantir des pensions de retraite et favoriser l’insertion professionnelle des jeunes artisans en fin de formation », a-t-il ajouté.
De son côté, Abdoulaye Diankha, dit “Go”, président du réseau, s’est dit profondément touché par l’hommage qui lui a été rendu. « Cette cérémonie m’a beaucoup marqué. Je ne suis ni le plus âgé ni le plus méritant, mais cette initiative montre que nous formons une véritable famille », a-t-il confié, saluant l’engagement des initiateurs tels que Ablaye Thiam, Bassirou Gueye, Moustapha Mbaye et Mafall.
Revenant sur les enjeux de structuration du secteur, il a mis en avant l’apport déterminant de Mbaye Babacar dans la mise en place de la coopérative. « Cette initiative nous permet de sortir de l’informel, de gagner en crédibilité et de mieux accéder aux marchés ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers », a-t-il expliqué.
Toutefois, le président du réseau n’a pas manqué de pointer les difficultés persistantes du secteur. « Ce sont les artisans qui forment et encadrent les jeunes, mais ils peinent eux-mêmes à subvenir à leurs besoins. L’État doit nous accompagner sur les trois F : foncier, financement et formation », a-t-il martelé, appelant également à faciliter le recasement des jeunes artisans.
Il a enfin adressé ses remerciements à l’ancienne maire Mariama Sarr pour l’octroi de sites, tout en appelant à un meilleur suivi, notamment en matière de remblayage. Il a également salué l’appui de la nouvelle équipe municipale, de Bara Seck et de la Société industrielle des Salins du Sine Saloum.
Ce « sargal », qui a réuni membres du réseau, notables et anciens du secteur, constitue une première. Il a offert un cadre d’échanges permettant aux artisans de partager leurs préoccupations et de renforcer leur engagement collectif pour la valorisation de leur métier.

Mamadou Camara, journaliste
Kaolack
