Le secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS), Mody Guiro, a profité du Symposium social organisé par le Conseil national du Patronat (CNP) pour revenir sur les enjeux liés au dialogue social et à la prévention des conflits au Sénégal.
Intervenant au nom des organisations syndicales, le responsable de la CNTS a rappelé que les syndicats sénégalais ont depuis plusieurs années fait du dialogue social un axe important de leurs relations avec les employeurs et les pouvoirs publics. Il a notamment évoqué la Charte nationale sur le dialogue social, engagée au début des années 2000, ainsi que la mise en place progressive des structures chargées de favoriser la concertation entre les différents partenaires sociaux.
Pour Mody Guiro, la confiance demeure indispensable à la stabilité des relations professionnelles. Selon lui, les engagements pris autour d’une table doivent être suivis d’effets concrets afin de préserver cette confiance et d’éviter que les désaccords ne se transforment en crises sociales.
Le secrétaire général de la CNTS a par ailleurs estimé que les principales tensions observées actuellement ne sont pas exclusivement liées au secteur privé. Il a particulièrement attiré l’attention sur les engagements pris par l’État en tant qu’employeur et sur les accords qui, selon lui, restent parfois sans suite.
Dans le même temps, Mody Guiro n’a pas exonéré le secteur privé de ses responsabilités. Il a dénoncé certaines situations marquées par le non-respect des droits des travailleurs et par des traitements sociaux qu’il juge inéquitables. Il a également appelé employeurs et travailleurs à améliorer la qualité du dialogue au sein des entreprises.
Le responsable syndical a enfin mis en garde contre une conception trop limitée de la paix sociale. L’absence de grève ne signifie pas nécessairement, selon lui, l’absence de tensions. Des frustrations non exprimées peuvent progressivement s’accumuler et déboucher sur des conflits ouverts.
À travers cette intervention, Mody Guiro plaide ainsi pour un dialogue social fondé sur la confiance, le respect des droits des travailleurs et surtout le suivi effectif des accords conclus entre l’État, les employeurs et les organisations syndicales.
Mamadou Camara-Journaliste
Camou Communication
Kaolack
