Le doctorat soutenu par Cheikh Oumar Diagne au Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques (CEDS) à Dakar se retrouve au cœur des interrogations suscitées par une récente mise en garde du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI).
Selon les éléments publiés par la presse, Cheikh Oumar Diagne avait soutenu, le 10 octobre 2024, une thèse de doctorat en géoéconomie au CEDS. À cette période, il occupait les fonctions de ministre conseiller et de directeur des Moyens généraux à la présidence de la République.
Deux ans plus tard, le nom du CEDS apparaît dans la « Liste noire n°1 » du MESRI, arrêtée au 1er octobre 2026. Le ministère y recense plusieurs établissements privés dont la situation en matière de reconnaissance ou d’habilitation n’était pas établie à cette date.
Le CEDS figure ainsi parmi les structures visées par la mise en garde concernant notamment la délivrance de diplômes de niveau doctoral. La Direction générale de l’enseignement supérieur (DGES) rappelle que les établissements privés doivent disposer des autorisations nécessaires avant de proposer des formations doctorales et de délivrer des diplômes correspondants.
Cette nouvelle situation relance donc les interrogations autour des conditions dans lesquelles certaines thèses ont été soutenues au sein de l’établissement, notamment celle de Cheikh Oumar Diagne. Il convient toutefois de distinguer la situation administrative actuelle du CEDS de toute conclusion définitive concernant la validité individuelle d’un diplôme, qui relève des autorités compétentes.
Le CEDS avait également accueilli auparavant d’autres soutenances de personnalités sénégalaises, dont l’ancienne ministre Aïda Mbodj, en août 2020. L’établissement a par ailleurs été cité dans le parcours doctoral de plusieurs autres personnalités.
La publication de cette liste du MESRI remet ainsi au premier plan la question de la reconnaissance des formations doctorales proposées par certains établissements privés au Sénégal et appelle à davantage de clarification de la part des autorités compétentes.
Mamadou Camara-Journaliste
Camou Communication
Kaolack
