Dakar — La Commission d’enquête parlementaire mise en place par l’Assemblée nationale pour faire la lumière sur les conditions de délivrance et de renouvellement des licences de pêche industrielle est désormais entrée dans sa phase opérationnelle. Les premières auditions ont démarré mercredi 7 octobre 2026, avec plusieurs responsables et anciens responsables de l’administration des pêches appelés à répondre aux questions des députés.
Créée à la suite d’une résolution adoptée en août dernier, la commission, composée de onze députés, entend examiner les procédures appliquées depuis l’entrée en vigueur du Code de la pêche maritime de 2015. L’objectif est notamment de comprendre comment les licences sont attribuées, renouvelées ou transférées, mais également d’identifier d’éventuels dysfonctionnements dans le dispositif administratif et réglementaire.
Plusieurs responsables de l’administration entendus
Pour cette première journée d’auditions, les parlementaires ont entendu successivement plusieurs hauts responsables du secteur. Mamadou Abibou Diagne, secrétaire général du ministère des Pêches et de l’Économie maritime, a ouvert les travaux.
Il a été suivi par Cheikh Fall, actuel directeur des Pêches maritimes, puis par Ismaïla Ndiaye et Diène Faye, deux anciens responsables de cette direction. Leurs auditions doivent permettre aux députés de retracer l’évolution des procédures et des pratiques administratives au cours des dernières années.
Au-delà des personnes auditionnées, l’enquête doit également s’intéresser au fonctionnement des différentes structures intervenant dans la gestion des licences, notamment la Direction des Pêches maritimes, la Commission consultative d’attribution des licences de pêche, l’Agence nationale des Affaires maritimes, la Direction de la Protection et de la Surveillance des Pêches ainsi que les structures scientifiques chargées de fournir les données nécessaires à la gestion des ressources halieutiques.
Procédures, contrôles et données scientifiques au cœur des débats
Les parlementaires cherchent notamment à établir les conditions dans lesquelles les demandes de licences sont examinées et validées. La Commission consultative d’attribution des licences joue un rôle dans ce processus, même si la décision finale relève de l’autorité compétente au sein du ministère.
Les auditions portent également sur les opérations de jaugeage et de contrôle des navires, la conformité des documents administratifs, les éventuels arriérés liés aux amendes ainsi que la prise en compte des données scientifiques dans les décisions relatives à l’exploitation des ressources halieutiques.
La question du renouvellement et de la substitution des licences figure également parmi les points examinés, tout comme les mécanismes permettant de préserver les droits acquis dans le cadre de la réglementation.
Le fichier des licences également passé au crible
La commission devrait aussi revenir sur les opérations d’assainissement du fichier des licences engagées ces dernières années. Selon les éléments présentés dans le cadre des auditions, le nombre de licences actives aurait diminué entre 2024 et 2025, passant de 153 à 122.
Cette évolution pose la question de la fiabilité du fichier, de la traçabilité des autorisations et du contrôle effectif des activités de pêche industrielle.
Les députés doivent également examiner la gestion des quotas, notamment ceux concernant la pêche au thon, ainsi que les mécanismes de suivi mis en place pour assurer une exploitation maîtrisée des ressources.
Une enquête aux enjeux économiques et sociaux importants
Au-delà des aspects administratifs, cette commission intervient dans un secteur stratégique pour l’économie et les populations sénégalaises. La pêche représente une source importante de revenus et d’emplois et constitue un élément essentiel de l’alimentation de nombreuses familles.
La gestion des ressources halieutiques soulève donc des enjeux à la fois économiques, environnementaux et sociaux. La question de la transparence dans l’attribution des licences apparaît, à ce titre, comme un élément central des travaux parlementaires.
Les auditions doivent se poursuivre afin de permettre à la commission de recueillir les explications des différents acteurs concernés et de confronter les procédures prévues par les textes avec les pratiques effectivement appliquées.
À terme, les conclusions des parlementaires devraient permettre de dresser un état des lieux du système de délivrance et de renouvellement des licences de pêche et, le cas échéant, de formuler des recommandations destinées à renforcer la transparence, le contrôle et la gestion durable des ressources marines.
Mamadou Camara-Journaliste
Camou Communication
Kaolack
