Kaolack : le retrait contreversé d’Abda Athie de la liste des porteurs de la flamme olympique provoque la colère du monde sportif

Un doyen du sport kaolackois, officiellement désigné par la Ligue régionale de football, aurait été écarté à la dernière minute. Une décision qui suscite incompréhension et indignation au sein de la famille sportive et soulève des interrogations sur les critères ayant guidé ce choix.

Le passage de la flamme olympique à Kaolack, ce samedi 10 octobre 2026, devait être un moment de communion, de fierté et de célébration des valeurs du sport. Mais derrière cet événement symbolique, une vive controverse a éclaté à la suite du retrait annoncé d’Abda Athie, figure emblématique du sport local, de la liste des personnalités retenues pour porter la flamme.

Selon les informations communiquées par les responsables sportifs concernés, Abda Athie avait été officiellement choisi par la Ligue régionale de football de Kaolack pour prendre part à cette cérémonie. Son nom avait même circulé dans les médias et sur les réseaux sociaux, suscitant la fierté de sa famille, de ses proches et de nombreux acteurs du mouvement sportif kaolackois.

Pourtant, à la dernière minute, le doyen aurait été écarté de la liste des porteurs de la flamme olympique. Une décision qui passe difficilement auprès de plusieurs membres de la famille sportive, d’autant que l’intéressé est reconnu pour son engagement de longue date dans le développement du sport à Kaolack, notamment dans la promotion du football féminin.

Un mandat électif peut-il justifier une exclusion ?

Parmi les explications avancées figure, selon les éléments rapportés, son statut d’acteur politique. Abda Athie est en effet adjoint au maire et conseiller municipal. Mais cette responsabilité élective constitue-t-elle, à elle seule, un motif suffisant pour écarter une personnalité sportive officiellement désignée par son instance régionale ?

La question mérite d’être posée. Être élu local ne signifie pas cesser d’être un acteur du sport. Au contraire, de nombreux responsables sportifs exercent également des fonctions électives ou publiques. Des élus ont d’ailleurs participé au relais de la flamme dans d’autres localités, selon les informations évoquées par les acteurs concernés.

Dès lors, si le retrait d’Abda Athie est effectivement lié à son engagement politique, les organisateurs gagneraient à clarifier les critères appliqués. La transparence est essentielle lorsqu’il s’agit d’un événement censé rassembler les citoyens au-delà des appartenances politiques.

À ce stade, les raisons précises de cette décision méritent toutefois d’être officiellement établies afin de dissiper les soupçons et d’éviter toute interprétation hâtive.

Une décision vécue comme une humiliation

Au-delà de la question protocolaire, c’est la dimension humaine de cette affaire qui suscite le plus d’émotion. Pour de nombreux sportifs, retirer au dernier moment le nom d’un homme du troisième âge, reconnu pour son parcours et son investissement dans le sport local, après l’annonce publique de sa désignation, revient à porter atteinte à sa dignité.

Sa famille sportive s’interroge : comment comprendre qu’un responsable choisi par la Ligue régionale de football puisse être écarté sans explication publique suffisamment claire ?

Cette situation est également susceptible d’être ressentie comme un manque de considération envers la Ligue régionale de football elle-même, une instance officielle du football sénégalais qui avait porté son choix sur l’un de ses doyens.

Le président de la Ligue régionale, Thierno Kosso Diané, ainsi que les membres de cette structure, sont ainsi au cœur d’une controverse qui dépasse la seule personne d’Abda Athie. Elle pose la question du respect des instances sportives locales et de la place accordée à leurs propositions dans l’organisation des événements nationaux.

Les autorités interpellées

Face à la montée des frustrations, la Ligue régionale de football de Kaolack envisage d’organiser une conférence de presse afin de faire connaître sa position et de dénoncer le retrait de son représentant de la liste des porteurs de la flamme olympique.

Cette démarche pourrait permettre de préciser les circonstances de la décision, de présenter les faits et de demander des explications aux responsables concernés.

L’affaire interpelle également les plus hautes autorités du pays. Le président de la République, le ministère chargé des Sports, le Comité national olympique et sportif sénégalais (CNOSS), ainsi que les organismes compétents en matière de droits humains, sont invités à veiller à ce que les événements sportifs demeurent des espaces de rassemblement, d’équité et de respect.

Si les faits rapportés sont confirmés, une clarification officielle serait nécessaire pour éviter que des considérations étrangères aux critères sportifs ne prennent le dessus sur la reconnaissance du mérite et de l’engagement.

Les Jeux olympiques de la jeunesse, une vitrine à préserver

À l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, le Sénégal est appelé à promouvoir une image d’unité, d’hospitalité et de respect des valeurs olympiques. Le relais de la flamme constitue précisément l’une des occasions de mettre en lumière les acteurs qui ont contribué, souvent dans l’ombre, à faire vivre le sport dans les régions.

L’étape de Kaolack ne devrait donc pas laisser place aux divisions ou aux suspicions. Elle devrait, au contraire, valoriser les pionniers, les éducateurs, les dirigeants et les bénévoles qui ont consacré une partie de leur vie à l’encadrement de la jeunesse.

Pourquoi une cérémonie censée unir les Sénégalais suscite-t-elle autant de frustrations dans la capitale du Saloum ? Pourquoi le choix d’une personnalité sportive par une instance régionale n’a-t-il pas été maintenu, si tel est bien le déroulement des faits ? Et quels critères ont finalement prévalu dans la sélection des porteurs de la flamme ?

Autant de questions auxquelles les organisateurs sont appelés à apporter des réponses précises.

À Kaolack, l’enjeu dépasse désormais le seul cas d’Abda Athie. Il s’agit de préserver la dignité des acteurs sportifs, de respecter les instances régionales et de garantir que la flamme olympique reste un symbole de rassemblement, loin de toute suspicion de traitement partisan.

Mamadou Camara – Journaliste

Camou Communication

Kaolack

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