À Kaolack, des enseignants et enseignantes ayant assuré deux classes durant toute l’année scolaire précédente attendent toujours le paiement de leurs prestations. Le SADEF, par la voix de son secrétaire général Mbaye, interpelle la hiérarchie académique et le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, afin que cette situation soit réglée dans les meilleurs délais.
Ils ont travaillé toute une année scolaire dans des conditions particulièrement difficiles, multipliant les efforts pour assurer la continuité des apprentissages. Pourtant, au moment de percevoir la rémunération correspondant à leur travail en double flux, plusieurs enseignants se retrouvent toujours dans l’attente de leur paiement.
Ces instituteurs et institutrices ont dû prendre en charge deux classes, parfois du CI, du CP, du CE2 ou du CM2, dans un contexte marqué par une charge de travail supplémentaire et des exigences pédagogiques particulièrement élevées. Malgré les difficultés, ils ont continué à encadrer les élèves, à préparer les leçons et à assurer le suivi des apprentissages, souvent au détriment de leur repos et de leurs occupations personnelles.
Aujourd’hui, leur situation soulève des interrogations légitimes. Comment expliquer que des enseignants ayant accompli leur mission durant toute une année scolaire soient encore confrontés à des retards de paiement ?
Le SADEF prend le dossier en main
Joint au téléphone, Mbaye, secrétaire général du SADEF, confirme l’existence de cette situation. Il indique avoir pris en charge le dossier de six enseignants, dont des enseignantes, afin de le soumettre à la hiérarchie académique et d’accélérer son traitement.
Le syndicat dénonce ces retards et appelle les autorités académiques à prendre les dispositions nécessaires pour que les sommes dues soient versées dans les meilleurs délais.
Pour le SADEF, les enseignants concernés ne doivent pas être laissés pour compte après avoir consenti autant d’efforts au service de l’école publique. Leur engagement mérite une reconnaissance concrète, notamment par le respect des obligations de paiement liées aux prestations effectuées.
Des risques sanitaires qui ne doivent pas être ignorés
Au-delà de la question financière, le travail en double flux expose les enseignants à une fatigue physique et mentale importante. La prise en charge de deux classes implique davantage de préparation, une attention soutenue, une gestion simultanée des élèves et une charge pédagogique susceptible d’affecter leur équilibre personnel.
À ces contraintes peuvent s’ajouter le stress professionnel, le manque de repos, les troubles du sommeil et l’épuisement, particulièrement lorsque les conditions de travail sont difficiles et que les paiements tardent à être effectués. La fatigue vocale, les tensions musculaires liées aux longues heures passées debout et la surcharge mentale constituent également des risques à prendre au sérieux.
Lorsque ces contraintes se répètent chaque année, elles peuvent fragiliser la santé des enseignants et affecter leur motivation, leur disponibilité ainsi que la qualité des apprentissages. Il importe donc que les autorités accordent une attention particulière à leur santé au travail, à leurs conditions d’exercice et à la reconnaissance de leurs efforts.
Rentrée scolaire 2026-2027 : quelle motivation pour les enseignants concernés ?
Avec le démarrage de l’année scolaire 2026-2027, une question se pose : dans quelles conditions ces enseignants, parmi lesquels figurent des femmes, pourront-ils reprendre les classes à double flux alors que les paiements attendus ne sont toujours pas régularisés ?
Il ne s’agit pas seulement d’une question de rémunération. C’est aussi celle de la motivation des personnels, de la reconnaissance du travail accompli et de la confiance entre les enseignants et leur administration.
Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, ainsi que les autorités académiques sont ainsi interpellés sur cette situation. Si ce dossier n’a pas encore été porté à leur connaissance, l’alerte est désormais lancée : des enseignants ayant assuré leurs responsabilités toute une année scolaire attendent toujours leur dû.
Le SADEF, par l’intermédiaire de son secrétaire général, poursuit ses démarches auprès de la hiérarchie académique pour obtenir une issue rapide à ce dossier.
L’école ne peut durablement reposer sur le sacrifice des enseignants sans que leurs droits soient respectés. Le règlement des sommes dues, l’amélioration des conditions de travail et la prévention des risques sanitaires doivent constituer des priorités pour permettre aux enseignants de poursuivre leur mission dans des conditions dignes et motivantes.
Mamadou Camara – Journaliste
Kaolack
