Succession à la tête de l’ONU : sept candidats en lice , Macky Sall face aux divisions du Conseil de sécurité

La course à la succession d’Antonio Guterres reste ouverte. Le dernier scrutin indicatif organisé par le Conseil de sécurité des Nations unies n’a permis de dégager aucun consensus autour d’un candidat. L’ancien président sénégalais Macky Sall figure parmi les prétendants à ce poste stratégique, dans un processus marqué par les rivalités diplomatiques, les enjeux de représentation régionale et les appels à une réforme de l’organisation.

La succession d’Antonio Guterres entre dans une phase importante alors que le mandat du secrétaire général portugais arrive à son terme à la fin de l’année. Les membres du Conseil de sécurité peinent toujours à s’accorder sur un profil susceptible de recueillir un soutien suffisamment large.

Le dernier vote indicatif, organisé à huis clos, a confirmé les difficultés rencontrées par les candidats. Les bulletins des membres permanents du Conseil de sécurité étaient différenciés par leur couleur, permettant de mieux identifier les oppositions susceptibles de bloquer une candidature.

Les États-Unis, la Chine, la Russie, la France et le Royaume-Uni disposent chacun d’un droit de veto. Leur position constitue un élément déterminant dans le choix du prochain secrétaire général. Aucun des prétendants évalués lors de cette consultation n’a échappé aux avis défavorables de membres permanents.

Rebeca Grynspan en tête, sans consensus

La Costaricaine Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente de son pays et dirigeante de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), figure parmi les candidates les mieux placées à l’issue du dernier scrutin indicatif.

Son expérience dans les domaines du développement économique, de la coopération internationale et des politiques multilatérales constitue un élément important de son parcours. Malgré les soutiens dont elle bénéficie, sa candidature reste confrontée à des résistances au sein du Conseil de sécurité, notamment parmi les puissances disposant du droit de veto.

L’Argentin Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), figure également parmi les principaux prétendants. Son expérience diplomatique porte notamment sur les questions nucléaires, la sécurité internationale et les relations entre les États.

La Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett, ancienne ministre des Affaires étrangères et diplomate auprès des Nations unies, défend elle aussi sa candidature dans un contexte où l’Amérique latine et les Caraïbes revendiquent une place dans la rotation géographique du poste.

Macky Sall face aux défis diplomatiques

L’ancien président du Sénégal Macky Sall figure parmi les candidats à la succession d’Antonio Guterres. Son parcours à la tête de l’État sénégalais et son expérience des relations internationales constituent des éléments de son profil dans cette compétition diplomatique.

Toutefois, les résultats du dernier scrutin indicatif montrent que sa candidature rencontre des oppositions au sein du Conseil de sécurité. Cette situation souligne les difficultés auxquelles il est confronté dans la recherche d’un soutien international suffisamment large.

La désignation du secrétaire général ne repose pas uniquement sur l’expérience politique d’un candidat ou sur son origine géographique. Elle dépend également des équilibres diplomatiques et de la capacité à obtenir l’adhésion des membres du Conseil de sécurité, en particulier des puissances disposant du droit de veto.

Pour le Sénégal et les pays africains, cette candidature s’inscrit dans les discussions plus larges sur la représentation du continent dans les institutions internationales. Cependant, l’appartenance régionale ne garantit pas automatiquement un consensus autour d’un prétendant.

Olara Otunnu, María Fernanda Espinosa et Ivonne A-Baki également en lice

L’Ougandais Olara Otunnu, ancien représentant spécial des Nations unies pour les enfants et les conflits armés, fait également partie des candidats. Son expérience au sein du système onusien porte notamment sur la protection des enfants dans les situations de conflit.

L’Équatorienne María Fernanda Espinosa, ancienne ministre des Affaires étrangères et de la Défense, possède une expérience gouvernementale et diplomatique dans les domaines de la coopération internationale et du développement.

Sa compatriote Ivonne A-Baki, diplomate de carrière, complète la liste des prétendants actuellement évalués dans le cadre de cette procédure.

Ces candidatures reflètent la diversité des parcours et des profils en compétition. Elles illustrent également la difficulté de parvenir à un accord dans un environnement international marqué par des intérêts parfois divergents.

Les sept candidats à la succession d’Antonio Guterres

Les prétendants actuellement en lice sont :

Rebeca Grynspan, du Costa Rica, ancienne vice-présidente et dirigeante de la CNUCED ;

Rafael Grossi, de l’Argentine, directeur général de l’AIEA ;

Carolyn Rodrigues-Birkett, du Guyana, ancienne ministre des Affaires étrangères ;

Olara Otunnu, de l’Ouganda, ancien représentant spécial de l’ONU pour les enfants et les conflits armés ;

Macky Sall, du Sénégal, ancien président de la République ;

María Fernanda Espinosa, de l’Équateur, ancienne ministre des Affaires étrangères et de la Défense ;

Ivonne A-Baki, de l’Équateur, diplomate.

Le droit de veto, principal obstacle à la sélection

Le secrétaire général des Nations unies est recommandé par le Conseil de sécurité avant d’être nommé par l’Assemblée générale. La procédure exige notamment une majorité suffisante au Conseil et l’absence de veto d’un membre permanent.

Les scrutins indicatifs organisés à huis clos permettent aux diplomates d’évaluer les soutiens et les oppositions suscités par chaque candidature. Ils ne constituent cependant pas le vote définitif de nomination.

L’absence de consensus lors de la dernière consultation laisse ainsi la voie ouverte à de nouvelles négociations. Les États membres peuvent poursuivre les discussions afin de rechercher un profil susceptible de recueillir l’adhésion nécessaire.

De nouvelles candidatures restent possibles

La compétition pourrait encore évoluer. Des noms circulent dans les milieux diplomatiques, notamment celui du Bulgare Nikolaï Mladenov, haut représentant pour Gaza au sein du « Conseil de paix » mis en place par Donald Trump, ainsi que celui de Lana Nusseibeh, ministre adjointe aux Affaires politiques des Émirats arabes unis.

Ces personnalités ne figurent toutefois pas parmi les candidats évalués lors du dernier scrutin indicatif rapporté. Leur éventuelle entrée dans la course dépendrait de la présentation effective d’une candidature.

La possibilité de voir émerger un nouveau prétendant n’est pas inédite. L’histoire de l’organisation montre que les négociations diplomatiques peuvent modifier la configuration d’une succession jusqu’aux dernières étapes du processus.

Une ONU confrontée à de multiples crises

Le choix du prochain secrétaire général intervient dans un contexte international particulièrement complexe. L’organisation doit faire face à la multiplication des conflits, aux tensions entre grandes puissances, aux difficultés financières et aux interrogations sur l’efficacité de son fonctionnement.

Les États-Unis ont notamment plaidé pour une réforme des opérations de maintien de la paix, une plus grande discipline budgétaire et une réduction de la bureaucratie. Ces exigences illustrent les débats sur la gestion et les priorités de l’organisation.

La représentation des femmes constitue également un enjeu majeur de cette succession. Plusieurs candidates sont en lice, alors qu’aucune femme n’a encore occupé le poste de secrétaire général depuis la création de l’ONU. Des États soutiennent l’idée d’une première nomination féminine, tandis que d’autres insistent sur l’expérience et le profil de la personne qui sera retenue.

L’Amérique latine et les Caraïbes revendiquent, pour leur part, une place dans la rotation géographique du poste, une pratique diplomatique qui ne constitue toutefois pas une règle contraignante.

Une succession toujours incertaine

À l’approche de la fin du mandat d’Antonio Guterres, les prochaines consultations seront déterminantes. Elles devront permettre de vérifier si l’un des candidats actuels peut obtenir un soutien suffisamment large ou si les États membres devront envisager un autre profil.

Pour Macky Sall comme pour les autres prétendants, l’enjeu est de convaincre les membres du Conseil de sécurité de leur capacité à réunir les conditions nécessaires à une nomination.

À ce stade, aucun candidat n’est définitivement choisi. La succession d’Antonio Guterres reste donc suspendue aux négociations diplomatiques et à la capacité des grandes puissances à parvenir à un compromis sur le prochain dirigeant des Nations unies.

Mamadou Camara – Journaliste

Camou Communication

Kaolack, Sénégal

 

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