Kaolack : l’ouverture de l’autoroute à péage de Khelcom transformerme la ville en zone de transit , les routes se dégradent et les riverains en danger

Poids lourds, bus, véhicules de transport interurbain : la RN4 et les routes secondaires de Kaolack subissent une pression croissante. Dans plusieurs quartiers, les ruelles deviennent des itinéraires de contournement, exposant les enfants, les personnes âgées et les riverains à de graves risques d’accident.

Depuis l’ouverture de l’autoroute à péage vers Khelcom, la circulation est devenue particulièrement dense sur la route nationale n° 4 (RN4), notamment entre le centre-ville de Kaolack et Ngane, en passant par Passoire. La ville est progressivement devenue un important point de transit pour de nombreux camions, bus et véhicules de transport interurbain en provenance ou à destination de Dakar.

Pour gagner du temps et éviter certains axes encombrés, de nombreux conducteurs empruntent désormais des itinéraires de contournement à travers la ville. Les véhicules en provenance de Ziguinchor, de Tambacounda, du Mali et d’autres localités de la sous-région passent notamment par l’ancienne gouvernance et Touba Ndorong, ou par le passage à niveau et Tally Cheikhou Ndiaye, en direction du lycée Valdiodio, avant de rejoindre la RN4.

D’autres véhicules, en provenance du sud et du nord du pays, notamment sur l’axe Kaffrine-Kahone, privilégient le raccourci Kahone-Mbakhoune pour rejoindre l’autoroute à péage.

Résultat : la RN4, mais aussi des voies secondaires comme l’axe Cinéma ABC-Passoire, sont de plus en plus sollicitées par des véhicules lourds et des bus dont le passage répété accélère la détérioration des chaussées.

Des routes dégradées, un véritable calvaire pour les usagers

Nids-de-poule, chaussées déformées, routes dégradées et difficultés de circulation : les conséquences de cette pression sont déjà visibles sur plusieurs axes de la commune. Des routes secondaires qui étaient jusque-là praticables commencent à se détériorer sous le poids des véhicules, y compris certaines voies récemment réhabilitées par la municipalité.

Sur la RN4, entre Angle Toucoulor et le rond-point de Passoire, une entreprise est actuellement à pied d’œuvre pour reprendre une partie de la chaussée, auparavant fortement dégradée et truffée de nids-de-poule.

Mais une question demeure : fallait-il attendre qu’un camion fauche mortellement un conducteur de Jakarta pour que des travaux soient engagés sur cet axe ?

Pour de nombreux usagers, cette situation ressemble à une intervention après le drame, alors que l’entretien préventif et la sécurisation des routes auraient dû constituer une priorité.

Les ruelles des quartiers transformées en voies de contournement

Plus inquiétant encore, des automobilistes qui ne connaissent pas suffisamment Kaolack s’engagent dans les ruelles des quartiers pour contourner les embouteillages. Les quartiers de Kasnack, Kasaville, Passoire et Ndorong sont particulièrement concernés par ces inquiétudes.

Ces voies étroites, qui ne sont pas conçues pour accueillir un trafic important de bus et de camions, deviennent des itinéraires de passage improvisés.

La sécurité des riverains est ainsi mise à rude épreuve. Les enfants qui jouent à proximité des habitations, les personnes âgées assises devant leurs domiciles et les piétons se retrouvent exposés à des risques permanents. Dans ces quartiers, la circulation devient une source d’inquiétude quotidienne.

Au-delà des embouteillages, c’est donc une véritable question de sécurité publique qui se pose.

Une alerte aux autorités : il faut des routes adaptées au trafic

L’ouverture de l’autoroute à péage vers Khelcom constitue une évolution importante pour la mobilité et les échanges. Toutefois, ses effets sur la circulation à Kaolack nécessitent une réponse urgente et adaptée.

La RN4 doit être aménagée et réhabilitée selon des normes capables de supporter le trafic et les charges des poids lourds et des bus. La solution ne peut pas se limiter à des réparations ponctuelles qui risquent de céder rapidement sous la pression du trafic.

Il devient également indispensable de réfléchir à l’organisation de la circulation des véhicules de transit, à la protection des voies secondaires et à l’interdiction, lorsque cela est nécessaire, du passage des poids lourds dans les ruelles résidentielles inadaptées.

Les autorités administratives, les services des routes, les collectivités territoriales et les acteurs du transport sont ainsi interpellés.

Kaolack ne doit pas payer le prix de son rôle croissant de carrefour routier par la dégradation de ses routes et la mise en danger de ses habitants.

Il est temps d’agir avant que d’autres accidents ne viennent alourdir le bilan humain.

Mamadou Camara – Journaliste

Camou Communication

Kaolack

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