Après deux mandats consécutifs à la tête de la mairie de Linguère, Aly Ngouille Ndiaye a annoncé qu’il ne sera pas candidat aux élections municipales de 2027. En choisissant de passer le témoin à la nouvelle génération, l’ancien ministre de l’Intérieur sous Macky Sall envoie un signal fort en faveur du renouvellement démocratique au Sénégal.
« Nguur kenn du ko moom » : le pouvoir n’appartient à personne éternellement. Cette maxime résume la portée symbolique de sa décision, à l’heure où certains élus semblent vouloir s’installer durablement à la tête des collectivités territoriales.
Satisfait du bilan de ses deux mandats, Aly Ngouille Ndiaye estime que les réalisations accomplies sur le terrain sont visibles et que de jeunes responsables disposent des compétences nécessaires pour assurer la continuité de l’action municipale. Il leur appartient désormais de proposer une vision claire et des projets répondant aux attentes des populations.
Un signal fort en faveur de l’alternance
En renonçant à briguer un troisième mandat, le maire de Linguère rappelle qu’une fonction élective est une responsabilité temporaire, et non un patrimoine personnel. Son choix peut ainsi être perçu comme un exemple pour les élus tentés de s’accrocher à leur fauteuil, en montrant que savoir préparer sa succession constitue aussi une marque de responsabilité politique.
Toutefois, la transition s’annonce délicate. Dans son propre camp, deux prétendants sont déjà cités pour lui succéder : le deuxième adjoint au maire, le docteur Mamadou Thioro Mbaye, et le jeune banquier Aly Ngouille Sarr, leader du mouvement Relève. La capacité du maire sortant à accompagner cette succession sans fragiliser son camp constituera l’un des principaux enjeux des prochains mois.
Couplage des élections : une option risquée
Au-delà des enjeux locaux, Aly Ngouille Ndiaye met en garde contre la tenue simultanée des élections municipales et législatives. Selon lui, les particularités du scrutin local rendent cette formule peu opportune et susceptible de desservir la majorité au pouvoir.
Il souligne que les investitures municipales constituent une source importante de rivalités, chaque responsable cherchant à préserver son implantation territoriale. Les élections de 2022, marquées par la multiplication des listes parallèles malgré les tentatives d’arbitrage, illustrent les difficultés auxquelles les coalitions sont confrontées dans la gestion des candidatures.
Pour l’ancien ministre, le couplage des scrutins pourrait compliquer davantage ces arbitrages et accentuer les divisions internes, au détriment de la cohésion des alliances politiques.
Savoir partir pour mieux servir la démocratie
À Linguère, l’annonce du retrait d’Aly Ngouille Ndiaye ouvre donc une double perspective : celle d’une succession à organiser et celle d’un débat national sur le renouvellement des dirigeants locaux.
Son choix rappelle qu’en démocratie, la responsabilité d’un élu ne se mesure pas uniquement aux réalisations de son mandat, mais aussi à sa capacité à préparer la relève et à permettre l’émergence de nouveaux dirigeants.
« Nguur kenn du ko moom » : personne ne peut s’approprier le pouvoir indéfiniment. En renonçant à un troisième mandat, Aly Ngouille Ndiaye donne un exemple qui interpelle les élus sénégalais et remet au centre du débat une exigence essentielle : faire de l’alternance une pratique démocratique, et non une simple contrainte électorale.
Mamadou Camara-Journaliste
Camou Communication
Kaolack
