LFR 2026 : nouveau camouflet pour le gouvernement , la Commission des finances maintient son rejet

Le bras de fer entre le gouvernement et la majorité parlementaire autour du projet de Loi de finances rectificative (LFR) 2026 se poursuit. Réunie ce vendredi 30 octobre 2026, la Commission des finances et du Contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale a, une nouvelle fois, rejeté le projet défendu par l’Exécutif. Un deuxième revers parlementaire qui confirme la persistance des divergences autour des orientations budgétaires du pays.

Ce nouveau rejet intervient trois jours après le renvoi du texte en commission, sollicité par le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, lors de la séance plénière du mardi 27 octobre. En invoquant l’article 84 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, le ministre espérait obtenir un délai supplémentaire pour approfondir les concertations avec les députés et apporter des réponses aux préoccupations soulevées par la commission.

Malgré cette nouvelle tentative de rapprochement, les discussions n’ont pas permis de dégager un consensus. Le gouvernement avait pourtant transmis, le 29 octobre, un document de réponse au mémorandum adressé par la Commission des finances le 26 octobre. Les explications fournies par l’Exécutif n’auront finalement pas suffi à convaincre les parlementaires.

Des divergences profondes sur les choix budgétaires

Au cœur de ce désaccord figurent plusieurs questions relatives à la gestion des finances publiques, notamment la transparence dans la gestion de la dette, l’encadrement des fonds spéciaux, la préservation des investissements sociaux et la protection du pouvoir d’achat des populations.

Les députés de la majorité parlementaire souhaitent également obtenir davantage de clarifications sur certains arbitrages budgétaires et sur les rapports d’audit relatifs à la situation financière de l’État.

Sur le plan financier, le projet de LFR prévoit une révision à la baisse des recettes de l’État, désormais estimées à 5 848,7 milliards de francs CFA. Le déficit budgétaire est, quant à lui, évalué à 1 735,2 milliards de francs CFA, soit 7,6 % du produit intérieur brut (PIB).

Autre point important : les subventions énergétiques passent à 790,3 milliards de francs CFA, dans un contexte marqué par la hausse des charges liées au secteur de l’énergie. Parallèlement, les dépenses d’investissement connaissent une réduction significative.

Le FMI également attentif à l’évolution du dossier

Au-delà des divergences entre l’Exécutif et les députés, le dossier revêt une dimension économique et financière particulièrement importante. Le Fonds monétaire international (FMI) suit de près l’évolution des discussions autour de la LFR 2026.

L’institution financière internationale insiste notamment sur le respect des engagements budgétaires convenus avec les autorités sénégalaises. La maîtrise du déficit, la protection des populations vulnérables et la préservation des dépenses prioritaires constituent des enjeux majeurs pour la poursuite du programme de coopération avec le Sénégal.

Quelle issue pour le bras de fer institutionnel ?

Avec ce nouveau rejet, le gouvernement se retrouve confronté à une situation parlementaire délicate. La recherche d’un compromis entre les deux institutions apparaît désormais comme un enjeu majeur pour sortir de cette impasse.

La question reste entière : quelles dispositions l’Exécutif prendra-t-il pour faire avancer le dossier budgétaire ? Un nouveau dialogue permettra-t-il de rapprocher les positions ou les divergences vont-elles continuer à alimenter les tensions entre le gouvernement et sa majorité parlementaire ?

En attendant une éventuelle nouvelle étape de la procédure, le rejet de ce vendredi 30 octobre constitue un nouvel épisode dans un bras de fer politique et budgétaire dont les conséquences pourraient peser sur la conduite des finances publiques du Sénégal.

Mamadou Camara, journaliste

Camou Communication – Kaolack

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