La gestion du patrimoine foncier de l’État est de nouveau au cœur d’une affaire aux ramifications préoccupantes. Lors de son audition devant la commission d’enquête parlementaire, Eva Abess Niang, ancienne responsable du bureau des Domaines de Dakar-Plateau, a apporté des éclairages sur plusieurs opérations foncières controversées concernant des terrains situés sur la Corniche de Dakar.
Les révélations évoquées au cours de cette audition font état de possibles irrégularités dans l’attribution et la gestion de parcelles appartenant au domaine de l’État. Parmi les faits soulevés figurent des cessions foncières à des conditions particulièrement avantageuses, des documents administratifs portant des dates antérieures à leur établissement présumé, ainsi que des attributions de terrains publics à des intérêts privés.
Autre élément particulièrement sensible : des soupçons de recours à des prête-noms qui auraient permis de dissimuler les véritables bénéficiaires de certaines opérations foncières. L’entourage de feu Mamadou Moustapha Bâ, ancien ministre des Finances, est notamment cité dans les éléments rapportés autour de ce dossier.
Ces déclarations remettent au premier plan la question de la transparence dans la gestion des réserves foncières publiques, particulièrement dans les zones stratégiques de la capitale où la valeur des terrains atteint des montants considérables.
Au-delà des responsabilités individuelles qui restent à établir, cette affaire soulève des interrogations majeures sur les procédures de contrôle, la traçabilité des décisions administratives et la protection du patrimoine immobilier de l’État.
La commission d’enquête parlementaire devra désormais contribuer à faire toute la lumière sur les conditions dans lesquelles ces parcelles auraient été attribuées, les personnes impliquées et les éventuelles responsabilités administratives ou politiques.
Dans un contexte marqué par les exigences de transparence et de reddition des comptes, les Sénégalais attendent des réponses précises sur le devenir de ces terres publiques et sur les mesures susceptibles d’être prises si les irrégularités sont confirmées.
Mamadou Camara, journaliste
Camou Communication
Sénégal
