À l’occasion d’un colloque international organisé les 29 et 30 octobre 2026 à Dakar, en prélude aux Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), le professeur Brice Arsène Mankou a plaidé pour une implication plus forte des collectivités territoriales dans le développement du sport, l’insertion des jeunes et la gestion durable des infrastructures sportives.
Intervenant par visioconférence le 30 octobre, l’universitaire franco-congolais, professeur titulaire de chaire à l’Université d’Ottawa et ancien adjoint au maire de Saint-Omer, a partagé son expérience de la gouvernance sportive locale, en s’appuyant notamment sur les enseignements tirés de la préparation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024.
Sa communication, intitulée « Le rôle pivot des collectivités locales dans la labellisation Terre de Jeux 2024 : analyse prospective et retour d’expérience de la ville de Saint-Omer », a mis en lumière le rôle stratégique des municipalités et des autres collectivités territoriales dans la réussite des grands événements sportifs.
Pour Brice Arsène Mankou, les JOJ de Dakar ne doivent pas se limiter à une compétition internationale ou à une vitrine sportive. Ils doivent constituer un véritable levier de développement territorial, de cohésion sociale et d’émancipation de la jeunesse.
S’inspirant de l’expérience française, il a souligné que l’implication des collectivités locales permet de mieux préparer les territoires, de moderniser les équipements sportifs et surtout de garantir leur utilisation au bénéfice des populations après les compétitions.
L’universitaire a également insisté sur la nécessité de rapprocher les politiques sportives des politiques de jeunesse. À ses yeux, le sport doit être accessible à tous, notamment aux jeunes issus des quartiers défavorisés et aux personnes en situation de handicap. La promotion du sport scolaire, des activités de proximité et des initiatives inclusives constitue, selon lui, un moyen efficace de renforcer cette dynamique.
Dans cette perspective, il a appelé à une meilleure coordination entre les municipalités, les clubs sportifs, les associations et les organisateurs des Jeux. La mobilisation des acteurs locaux et l’engagement des bénévoles représentent, selon lui, des conditions essentielles à la réussite d’une politique sportive territoriale.
À l’approche des JOJ Dakar-2026, Brice Arsène Mankou a formulé plusieurs recommandations à l’endroit de la Conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports de la Francophonie (Confejes) et des collectivités africaines. Il préconise notamment la création de cadres permanents de concertation entre les municipalités, les organisateurs et les associations de jeunesse, ainsi qu’une planification rigoureuse de l’entretien et de la gestion des infrastructures après les Jeux.
Il recommande également le développement de tournois sportifs de proximité, la promotion de l’écoresponsabilité et le renforcement de la coopération décentralisée à travers des jumelages sportifs et des programmes d’échanges de jeunes volontaires.
Organisé par la Confejes, en partenariat avec la Région Île-de-France, le colloque a réuni près de 150 participants issus de l’espace francophone, parmi lesquels des chercheurs, des décideurs publics, des élus locaux et des représentants de la société civile.
Pour le professeur Brice Arsène Mankou, le véritable héritage des JOJ Dakar-2026 se mesurera aussi à la capacité des territoires à transformer cet événement en opportunités durables pour les populations. Une ambition qui place les collectivités territoriales au cœur de l’avenir du sport et de la jeunesse en Afrique.
Mamadou Camara, journaliste
Camou communication
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Kaolack
