Lutte : Promoteurs, amateurs , encadreurs et lutteurs kaolackois lancent un cri du coeur pour une revitalisation de l ‘arène

Kaolack : l’arène qui s’essouffle

Lutteurs, promoteurs et amateurs désemparés face au déclin d’une discipline jadis flamboyante

 

Longtemps considérée comme un bastion incontournable de la lutte sénégalaise, la cité du Mbossé traverse une période critique. L’engouement s’effrite, les grands galas se raréfient, et les acteurs — lutteurs, promoteurs, encadreurs comme amateurs — expriment désormais un désarroi palpable.

Au cœur des débats : l’heure officielle de sifflement des combats majeurs, fixée à 18 heures, un créneau devenu intenable dans une région où la chaleur reste suffocante jusque tard en soirée, particulièrement en saison sèche.

 

Une tradition sportive en perte de souffle

 

Kaolack, terre de champions et de grandes épopées, voit peu à peu son héritage se fragiliser.

Les écoles de lutte manquent de moyens, les entraînements deviennent plus pénibles et les jeunes s’orientent vers d’autres horizons sportifs. Les anciens, eux, brandissent le drapeau de l’alerte.

 

« On ne peut pas demander à des athlètes de livrer une prestation physique intense alors que le soleil cogne encore », déplore un encadreur local. Selon lui, les réalités climatiques de la région sont trop longtemps restées ignorées.

 

Promoteurs désabusés, amateurs frustrés

 

Déjà confrontés à des coûts d’organisation élevés, les promoteurs doivent désormais gérer un casse-tête supplémentaire : la programmation horaire.

À 18 heures, Kaolack ressemble à une fournaise. Le public rechigne à rejoindre les arènes, les tribunes deviennent impraticables et les risques de malaise augmentent.

 

« À 18h, Kaolack ressemble à un four. Comment organiser un combat majeur dans ces conditions ? » s’interroge un promoteur de la place.

 

Les amateurs évoquent une expérience dégradée : spectacles retardés, combats basculant tard dans la nuit, visibilité réduite, sentiment d’insécurité et fatigue générale.

 

Le CNG et la future Fédération sommés d’agir

 

Dans ce contexte, les appels se multiplient en direction du CNG ou de la future Fédération Sénégalaise de Lutte en gestation.

Les acteurs réclament une réforme urgente des horaires, adaptée aux spécificités régionales.

 

Parmi les solutions avancées :

 

décaler le début des combats à 19h ou 20h,

 

moduler les horaires selon les zones climatiques,

 

intégrer les indices de chaleur dans la planification des galas.

 

« Kaolack n’est pas Dakar. On ne peut pas appliquer les mêmes horaires partout », insiste un amateur averti.

 

Sauver l’arène kaolackoise : un impératif culturel

 

Si rien n’est fait, alertent les acteurs, la lutte dans le Saloum risque de perdre son éclat légendaire.

Kaolack, vivier historique de champions et symbole d’identité culturelle, ne demande qu’une chose : que ses réalités soient respectées pour permettre à la discipline de se renouveler et de reprendre son souffle.

 

La balle est désormais dans le camp des instances nationales.

 

Signé : Bour Saloum, Ka Voix du Saloum

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