Asma Khadija : Quand la Reine du Buzz découvre que la Justice n’est pas un plateau télé
Asma Khadija, l’ancienne torche humaine de SEN TV, nous revient aujourd’hui avec un texte si larmoyant qu’on dirait un brouillon de télé-novela envoyé depuis un aéroport. Voilà la prêtresse des plateaux qui découvre qu’une simple convocation judiciaire n’est pas un prix à recevoir mais un papier auquel il faut répondre. Scandale ! Elle qui lançait des accusations comme on distribue des cacahuètes en soirée, s’offusque soudain qu’on lui demande de prouver quelque chose. La réalité lui tombe dessus comme une bassine d’eau froide sur une actrice persuadée que la scène était encore en répétition.
Dès que deux gendarmes apparaissent, madame entre en mode “urgence nationale”. On aurait dit qu’on venait l’arrêter pour haute trahison ou trafic de météorites. En vérité, on lui demande juste de justifier ses fanfaronnades habituelles sur Sweet Beauty, ce feuilleton qu’elle a étiré jusqu’à l’épuisement collectif. Et la voilà qui crie : “Ce n’est pas moi, c’est Ndèye Khady Ndiaye qui l’a dit !” Une excuse qu’on n’entend même plus dans les écoles primaires.
Et comme si ça ne suffisait pas, elle veut ratisser large : elle réclame de rouvrir le dossier Ousmane Sonko – Adji Sarr, depuis son lieu d’exil doré, bien à l’abri des convocations. Évidemment. Toujours prête à jouer l’arbitre depuis les gradins, jamais sur le terrain.
Asma, tu as l’audace — non, l’outrecuidance — de cracher encore sur Sonko, comme si ton combat avait jamais été politique ou idéologique. Non, ton véritable combat, c’était de répondre aux clics, d’agiter les claviers survoltés des pastéfiens, de surfer sur la vague du buzz comme une professionnelle de la provocation low-cost. Et te voilà, planquée hors du territoire, en train de poster un long texte transcontinental pour déverser ton n’importe-quoi, comme si l’altitude de ton exil te donnait soudain la permission de dire tout et son contraire avec un aplomb atomique. Tu t’évapores du pays mais tu continues à lancer des piques par-dessus la frontière, persuadée que les réseaux sociaux fonctionnent mieux que le courage.
Ensuite vient sa grande complainte nationale : insultes, cyberharcèlement, menaces, cambriolage — bientôt elle va nous dire que le Yéti lui a rendu visite. Une liste tellement longue qu’on dirait un CV destiné au concours de la victime suprême. Pourtant, sur plateau, elle tirait sur tout ce qui bougeait. Aujourd’hui, elle joue les saintes hosties sous cloche. L’effet boomerang, ça surprend ceux qui pensaient pouvoir lancer des pierres en se croyant invisibles.
“Monsieur le procureur, où étiez-vous… ?” demande-t-elle.
Probablement en train de se demander où Toi tu étais quand tu te prenais pour la justice divine, distribuant les sentences médiatiques comme des biscuits secs. Toi qui parlais de “justice à géométrie variable”, tu as tellement plié la géométrie qu’Euclide lui-même aurait déposé plainte.
Et alors, moment préféré des mélodrames : la dignité, la famille, le mari, les enfants — le kit émotionnel standard. Sauf que quand elle transformait les gens en punching-balls en direct, aucun respect pour leurs familles, leur dignité, leurs enfants. Là, soudain, elle découvre que la réputation, ça s’abîme, et que les mots blessent même quand on porte un micro.
Enfin, la République. La grande République. Elle invoque la crise, la souffrance sociale, les priorités nationales.
Trop tard. Quand on a passé des années à transformer la télé des « dof yi » en tribunal, on ne peut pas venir jouer l’analyste lucide quand la convocation tombe. Quand on allume un feu, on ne peut pas hurler : “Ce n’est pas une priorité nationale !” quand les pompiers frappent à la porte.
Et elle conclut, dramatique comme une actrice qui veut l’Oscar :
“La République mérite la vérité.”
Oui, Asma. La République mérite la vérité.
Elle mérite surtout qu’on assume ce qu’on dit. Qu’on ne prenne pas la fuite avant de rendre des comptes. Qu’on arrête de jouer les héroïnes tragiques à distance.
Et qu’on comprenne enfin une chose simple :
Quand on allume constamment des incendies médiatiques, il ne faut pas s’étonner de sentir la fumée, un jour, chez soi.
Malick BA
