Des agents de mairie impliqués dans la falsification d’actes d’état civil pour l’obtention illégale de documents sénégalais
À Ziguinchor, une affaire de fraude documentaire secoue l’administration locale. Une enquête révèle l’existence d’un réseau organisé au sein d’une mairie, spécialisé dans la création et la validation d’actes d’état civil fictifs au profit de ressortissants étrangers.
L’affaire a été découverte lors d’un contrôle au poste frontalier de Kidira. Un ressortissant étranger, identifié par les initiales M. S., a été intercepté avec deux cartes d’identité différentes — l’une étrangère et l’autre sénégalaise — portant la même photo mais des identités distinctes.
Entendu par les enquêteurs, l’intéressé a reconnu que le document étranger était authentique, tandis que la carte sénégalaise avait été obtenue par des démarches frauduleuses, visant à faciliter ses activités professionnelles et à contourner certaines obligations fiscales.
Les investigations ont mis au jour un système organisé au sein de la mairie, impliquant plusieurs agents et responsables de l’état civil (M. Sg., D. S., S. D., A. P., P. Sg., et A. D.). Des extraits de naissance fictifs auraient été inscrits dans les registres officiels sur plusieurs décennies, permettant la délivrance de cartes d’identité biométriques sur des bases inventées.
Huit registres, couvrant notamment les années 1977, 1983, 1989, 1990, 2005, 2014 et 2016, ont été scellés en raison de graves irrégularités : inscriptions illégales, surcharges manuscrites et actes inexistants.
Les mis en cause ont partiellement reconnu les faits, certains invoquant la faiblesse de leurs salaires. Une autorité municipale (D. S.) a admis avoir signé un extrait litigieux sans vérification, évoquant une pratique courante au sein de l’administration.
À l’issue de l’enquête, les personnes impliquées ont été déférées devant le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Ziguinchor pour faux et usage de faux, complicité, obtention indue de documents d’identité sénégalais et association de malfaiteurs.
Elles bénéficient, jusqu’à décision judiciaire définitive, de la présomption d’innocence.
