Parrainage électoral au Sénégal :
Alors que le parrainage vise à garantir la représentativité des candidats, son application actuelle soulève des inquiétudes sur l’accès équitable à la compétition politique. Quelles alternatives pour renforcer la démocratie sénégalaise ?
Au Sénégal, le système de parrainage des candidats aux élections présidentielles et locales a été introduit pour assurer que seuls des candidats disposant d’un soutien significatif puissent se présenter. Sur le papier, cette mesure vise à limiter la multiplication de candidatures “symboliques” et à rendre le processus électoral plus lisible.
Cependant, dans la pratique, ce mécanisme pose plusieurs défis. D’abord, il favorise les candidats disposant de réseaux politiques établis ou de moyens financiers importants, laissant peu de place aux nouvelles figures ou aux mouvements citoyens émergents. Ensuite, la collecte de parrainages peut devenir un véritable parcours du combattant, souvent perçu comme une barrière artificielle à l’entrée dans l’arène politique. Cette situation peut alimenter le désintérêt pour la politique et renforcer le sentiment d’exclusion chez une partie des citoyens.
Pour remédier à ces limites, plusieurs alternatives sont envisageables :
Modernisation du processus de parrainage : L’utilisation de plateformes numériques sécurisées pourrait faciliter la collecte et la vérification des signatures, réduisant les coûts et les obstacles logistiques.
Seuils plus adaptés : Revoir le nombre de parrainages requis, en tenant compte de la taille de la population et de la représentativité territoriale, pourrait ouvrir davantage l’accès à la compétition.
Renforcement des partis politiques et de la société civile : Encourager le rôle des partis et des associations dans la sélection et la promotion des candidats peut diversifier les profils sans affaiblir la légitimité du scrutin.
Le parrainage, lorsqu’il est appliqué avec discernement, peut être un outil de crédibilité pour la démocratie sénégalaise. Mais si ses contraintes deviennent trop strictes, il risque de transformer l’accès à la vie politique en privilège, et non en droit citoyen. L’heure est à la réflexion sur des solutions équilibrées, qui garantissent à la fois sérieux et ouverture, pour que la démocratie sénégalaise reste inclusive et dynamique.
Par Mamadou Camara, journaliste
Camou Communication
Kaolack
