Fraude à l’État civil : l’heure de la tolérance zéro pour l’administration sénégalaise
Entre faux documents et irrégularités, le Sénégal doit accélérer la digitalisation et sécuriser son registre de l’état civil
Le Sénégal fait face à un problème récurrent et préoccupant : la fraude à l’état civil et l’usage de faux papiers administratifs. De plus en plus de cas sont signalés à travers le pays, portant atteinte à la crédibilité des institutions et fragilisant le système administratif. Cette situation dépasse le cadre bureaucratique : elle a des répercussions directes sur la justice, la sécurité et la gouvernance.
Il est impératif que l’État intervienne avec fermeté. Les autorités étatiques et locales doivent être pleinement mobilisées pour identifier et sanctionner les responsables, tout en protégeant les citoyens honnêtes. La prévention passe nécessairement par un audit exhaustif de l’état civil afin de détecter anomalies et irrégularités dans les registres.
La digitalisation du système d’état civil ne peut plus être différée. Elle représente un levier stratégique pour sécuriser les données, réduire les risques de falsification et faciliter l’accès aux documents officiels. Bien exploitée, la technologie numérique permettra de limiter drastiquement les fraudes et d’instaurer une traçabilité rigoureuse des actes administratifs.
Certaines régions comme Dakar, Kaolack et Thiès sont particulièrement touchées, avec des fraudes souvent liées aux actes de naissance et aux cartes d’identité. Les sanctions varient selon la gravité des irrégularités : prison ferme, mise en examen, enquêtes en cours. Le renforcement du contrôle et la modernisation de l’état civil apparaissent aujourd’hui comme des urgences nationales.
Il en va de la crédibilité de l’administration sénégalaise et de la confiance des citoyens envers leurs institutions. L’heure est venue d’agir avec détermination, de moderniser les outils de contrôle et de garantir que chaque citoyen puisse obtenir ses papiers officiels en toute légalité. Le Sénégal ne peut se permettre de laisser prospérer l’ombre de l’irrégularité dans son système administratif.
Par Mamadou Camara, journaliste – Camou Communication, Kaolack
