Dans tous les pays, il existe des femmes et des hommes qui travaillent pour la stabilité, la paix sociale et le progrès collectif. Mais il existe aussi, hélas, des individus, des lobbies, certains politiciens et des acteurs des médias qui ne vivent que du désordre.
Pour eux, l’instabilité est un gagne-pain.
Manifestations à répétition, grèves, tensions sociales : voilà le carburant de leur stratégie. Ils prospèrent sur la colère, exploitent la détresse des populations et instrumentalisent les frustrations, non par altruisme, mais par pur intérêt personnel.
Chaque jour, ils occupent les plateaux de télévision, les radios, les réseaux sociaux, non pour construire, mais pour déconstruire. Ils s’acharnent à salir des personnalités publiques, à semer le doute, à fragiliser les institutions, alors même que certains d’entre eux ont posé, dans le passé, des actes bien plus graves que ceux qu’ils dénoncent aujourd’hui.
Comme le dit si bien l’expression populaire : « hôpital, xassé dispensaire, ndakhe bëri malade ».
Ce qu’ils font dépasse parfois la simple faute morale. C’est une atteinte grave à l’éthique, à l’honneur et à l’avenir collectif. Pour un intérêt immédiat, ils sont prêts à trahir leurs valeurs, leur parole et même leur pays.
Nos aïeux ne connaissaient ni cette trahison systématique, ni ce mensonge permanent, ni cette haine entretenue comme mode de vie.
Aujourd’hui, au Sénégal, certains agissent comme s’ils étaient les seuls à exister. La perte du pouvoir est vécue comme une humiliation insupportable. Incapables de l’accepter, ils sabotent leur propre pays, avec un seul objectif : revenir aux privilèges d’hier — voyages de prestige, véhicules de luxe, confort ostentatoire, tandis que leurs enfants étudient à l’étranger ou dans les meilleures écoles, et que ceux des familles modestes restent enfermés dans la précarité.
La conséquence est grave : la confiance s’effrite. Même entre proches, la suspicion s’installe.
Le rôle des médias n’est pas épargné. Certains journalistes ont renoncé à leur mission noble d’informer avec rigueur et indépendance. Ils sont devenus des thuriféraires, des relais de propagande, ou des auteurs de diatribes incessantes, simplement parce que les robinets financiers qui les alimentaient se sont fermés.
Et pourtant, le Sénégal avance malgré tout.
Dans ce pays où coexistent tradition, incompétence, copinage, médiocrité intellectuelle et parfois complexe d’infériorité, il existe encore des femmes et des hommes dignes. Des citoyens qui, malgré la précarité, choisissent le calme, la vérité, la foi et la retenue.
De 2021 à 2024, les Sénégalais se sont éveillés.
Ils parlent peu, agissent rarement dans le tumulte, mais ils savent exactement quand intervenir : le jour du scrutin. Ce jour-là, aucun bruit, aucune manipulation, aucun billet ne peut forcer leur choix.
Comme on le dit : « foula avec fayda ».
Les acteurs politiques peuvent distribuer de l’argent, organiser des caravanes, promettre monts et merveilles, tenter de séduire ou de duper. Les électeurs observent, patientent et tranchent seuls, dans le secret de l’urne.
On ne force pas une conscience dans un isoloir.
On ne peut pas insulter, mépriser, fatiguer les citoyens avant les élections, puis solliciter leurs voix le jour J. Cette incohérence finit toujours par être sanctionnée.
Enfin, l’histoire récente l’a montré : ceux qui, une fois élus, jettent leurs promesses à la poubelle ne peuvent éternellement compter sur les mêmes citoyens pour revenir au pouvoir.
La mémoire populaire est plus longue qu’on ne le croit.
Si vous le souhaitez, je peux aussi :
raccourcir le texte pour une tribune de presse,
le rendre plus neutre et institutionnel,
ou l’adapter pour une publication sur réseaux sociaux.
Par Mamadou Camara, journaliste, Communicant
Kaolack
