Kaolack : « Le calvaire des Femmes veuves face aux lenteurs des banques et institutions financières »

À Kaolack et dans plusieurs localités du Sénégal, des veuves dénoncent des lenteurs administratives et bancaires qui aggravent leur précarité. Elles appellent le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, le Premier ministre Ousmane Sonko et le ministère de la Femme et de la Solidarité nationale à une action urgente.

 

Après la perte de leurs époux, de nombreuses veuves se retrouvent confrontées à une autre épreuve, souvent longue et éprouvante : la gestion des prêts bancaires contractés par leurs maris aujourd’hui décédés. En l’absence de radiation officielle pour cause de décès ou de reconnaissance rapide des documents fournis, certaines banques continuent de considérer les emprunteurs comme étant en vie, maintenant les échéances ou réclamant la poursuite des remboursements.

Cette situation, loin d’être marginale, plonge plusieurs familles dans une précarité profonde. Les procédures liées aux actes de décès, à la succession et à la notification officielle auprès des institutions financières sont jugées longues, complexes et peu accessibles, surtout pour des femmes souvent peu informées des mécanismes juridiques et financiers.

À Kaolack, la situation est particulièrement préoccupante. Des veuves témoignent avoir effectué d’innombrables va-et-vient entre banques, notaires et services administratifs, sans résultat concret. Malgré les dossiers déposés, les copies d’actes de décès fournies et les promesses verbales reçues, leur situation reste inchangée.

« Depuis plus d’un an, je fais des allers-retours entre la banque et les services administratifs. On me demande toujours un nouveau papier. Pendant ce temps, les pénalités continuent de s’accumuler », confie une veuve de Kaolack.

Une autre veuve déplore une pression financière et morale constante :

« Mon mari est décédé, mais pour la banque, il est toujours vivant. Je n’ai plus de revenus stables, pourtant on me parle de remboursement et de saisie. C’est une double peine. »

Certaines femmes affirment avoir réduit leurs dépenses essentielles ou interrompu la scolarité de leurs enfants afin de faire face aux exigences bancaires, dans un contexte où l’accompagnement social demeure insuffisant.

Face à cette réalité, les veuves lancent une alerte solennelle au Chef de l’État, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, au Premier ministre Ousmane Sonko, ainsi qu’au ministère de la Femme et de la Solidarité nationale. Elles demandent une intervention rapide afin de mettre fin aux lenteurs observées au niveau des banques et des institutions financières.

Au-delà des situations individuelles, elles plaident pour une harmonisation des procédures, l’instauration de délais stricts pour le traitement des dossiers de décès et une plus grande humanité dans la gestion des prêts après décès, afin que le deuil ne se transforme plus en injustice sociale.

Par Mamadou Camara, journaliste

Camou Communication

Kaolack

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