Quand la politique brise l’amitié : une derive humaine et morale

Politique et relations humaines

Par Mamadou Camara, journaliste

Camou Communication – Kaolack

La politique, censée organiser la cité et servir l’intérêt général, est devenue dans bien des cas un facteur de rupture sociale. Des relations solides, forgées par des années de fraternité, de partage et de loyauté, se fissurent — parfois se brisent — au nom d’opinions politiques divergentes. Une réalité troublante qui interroge notre rapport à l’humain.

Sur le plan philosophique, confondre l’adversité des idées avec l’hostilité envers les personnes relève d’une erreur fondamentale. Les idées évoluent, les régimes passent, mais les liens humains, eux, se construisent dans la durée. Sacrifier l’amitié sur l’autel de l’idéologie, c’est donner plus de valeur à l’opinion qu’à la personne.

La dimension religieuse renforce cette interrogation. Aucune foi authentique n’érige la division, la haine ou la rupture fraternelle en vertu. Au contraire, les enseignements spirituels appellent à la tolérance, au respect de l’autre et à la préservation des liens, même dans le désaccord. La fraternité ne devrait jamais être conditionnée par une appartenance politique.

Lorsque la politique détruit des relations profondément humaines, ce n’est ni la sagesse ni la foi qui triomphent, mais l’orgueil et l’intolérance. Il devient alors urgent de rappeler une évidence trop souvent oubliée : la politique doit rester un moyen au service de l’homme, et non une fin qui l’écrase.

Préserver l’amitié malgré les divergences politiques n’est pas une faiblesse. C’est, au contraire, un acte de maturité, de responsabilité et d’humanité.

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