Les enseignants haussent le ton et exigent l’application immédiate des engagements l’État
Par Mamadou Camara, journaliste
Camou Communication – Kaolack
Le Syndicat Autonome des Enseignants du Département de l’Éducation et de la Fonction publique (SADEF) a officiellement déposé un préavis de grève couvrant l’ensemble de l’année 2026. Une décision forte qui traduit le malaise persistant et profond au sein du secteur éducatif sénégalais.
Dans une correspondance datée du 02 janvier 2026 et adressée à l’autorité de tutelle, le SADEF informe qu’il se réserve le droit d’user de toutes les formes de lutte syndicale légalement reconnues, du 1er janvier au 31 décembre 2026, en l’absence de réponses concrètes et satisfaisantes à ses revendications.
Un ras-le-bol face aux engagements non tenus
Selon le syndicat, cette démarche résulte d’une accumulation de difficultés professionnelles, administratives et sociales qui continuent d’affecter gravement les enseignants, malgré les nombreux accords, protocoles et textes réglementaires déjà signés par l’État.
Le SADEF dénonce notamment la lenteur administrative, le non-respect de plusieurs engagements gouvernementaux, ainsi que la dégradation continue des conditions de travail et d’enseignement dans de nombreux établissements scolaires à travers le pays.
Des revendications structurées et hiérarchisées
Parmi les principales exigences du syndicat figurent notamment :
l’application effective et immédiate des décrets n°2024-1872 et n°2024-1873 du 06 septembre 2024 relatifs à la rémunération des enseignants ;
le paiement intégral des arriérés de salaires et des rappels dus ;
le règlement des droits financiers liés à la retraite, y compris pour les ayants droit ;
la résolution définitive des problèmes d’avancement, d’intégration et de régularisation administrative, notamment pour les enseignants décisionnaires (CAP/CEAP) ;
la revalorisation générale des salaires et l’amélioration des indemnités spécifiques ;
l’amélioration des conditions pédagogiques, à travers la construction de salles de classe, la réduction des abris provisoires et la dotation suffisante en tables-bancs ;
une meilleure prise en charge des enseignants affectés dans les zones difficiles ;
la résolution durable des dysfonctionnements liés à l’organisation des examens nationaux ;
l’attribution de bourses de formation et de perfectionnement professionnel ;
et, de manière générale, la satisfaction des revendications sectorielles encore en souffrance.
Dialogue social, mais fermeté assumée
Tout en réaffirmant son attachement au dialogue social responsable, le SADEF avertit qu’il ne saurait accepter indéfiniment la remise en cause des droits des enseignants ni l’inexécution des engagements librement consentis par l’État.
Le syndicat précise que ce préavis ne signifie pas une grève permanente, mais constitue plutôt un cadre juridique lui permettant d’engager, si nécessaire, des actions syndicales graduelles tout au long de l’année 2026.
Un signal fort pour l’année scolaire 2026
Cette annonce intervient dans un contexte déjà marqué par de nombreux défis structurels du système éducatif sénégalais. Elle suscite des inquiétudes chez les parents d’élèves et les acteurs de l’éducation, qui redoutent d’éventuelles perturbations du calendrier scolaire si aucun compromis rapide n’est trouvé.
Pour le SADEF, la stabilité de l’école sénégalaise passe avant tout par la reconnaissance concrète du rôle central des enseignants et par la traduction effective des engagements de l’État en actes.
Mobilisation syndicale en cours
Dans cette dynamique, le Secrétaire général national du SADEF est actuellement en tournée dans le Sud du pays ainsi que dans la région de Tambacounda, dans le cadre d’un vaste travail de sensibilisation et de massification syndicale.
Par la même occasion, il convient de rappeler qu’après Thiès et d’autres localités, la Journée nationale du SADEF se prépare activement. La région du Sénégal oriental est pressentie pour abriter les activités prévues au mois de mai prochain.
Au niveau des autres sections locales, les responsables s’emploient également à requinquer et remobiliser les bases syndicales respectives, en perspective du grand rendez-vous des « sadefiennes et sadefiens ».
