Accusations de faux titres et d’occupation frauduleuse de terrains familiaux à forte valeur immobilière
Dakar — Une vaste enquête foncière vient d’être déclenchée dans la capitale sénégalaise, mettant en cause plusieurs personnalités de premier plan du monde des affaires et de la sphère politique. Selon L’Observateur, le parquet de Dakar a ouvert une procédure judiciaire à la suite d’une plainte déposée par les héritiers de feu Mamadou Diagne, qui dénoncent l’occupation frauduleuse de terrains familiaux au moyen de faux titres de propriété.
D’après les informations du quotidien, l’affaire, aux ramifications sensibles, a été confiée à la Sûreté urbaine de Dakar. Les enquêteurs ont déjà entamé une série de convocations visant des acteurs majeurs. Parmi les personnes appelées à s’expliquer figurent Serigne Mboup, homme d’affaires influent et maire de Kaolack, Abdoulaye Dia, PDG du groupe Sénico, Cheikh Kanté, ancien ministre et ex-directeur général du Port autonome de Dakar, ainsi que l’entrepreneur Masse Sall.
La liste des mis en cause s’étend également à la commune de Grand-Dakar, représentée par son maire Jean-Baptiste Diouf, à l’homme d’affaires Marc Aldorosso et à Mme Adama Sall de l’Agence Indépendance Immobilière.
Toujours selon L’Observateur, les héritiers de feu Mamadou Diagne affirment n’avoir jamais cédé les terrains litigieux, situés notamment sur la route de Rufisque et dans le secteur de Grand-Dakar. Ces parcelles, qui couvriraient plusieurs hectares, constituent un patrimoine immobilier stratégique et d’une valeur considérable. Dans leur plainte, ils soutiennent que « les occupations auraient été rendues possibles grâce à l’établissement frauduleux de nouveaux titres fonciers, obtenus à partir de faux documents et avec la complicité de tiers ».
Face à la gravité des accusations, certaines des personnes citées ont déjà apporté des éléments de réponse. Auditionné par les enquêteurs, Masse Sall affirme détenir un titre foncier datant de 1950, antérieur à celui présenté par les héritiers, établi en 1954. « J’ai montré tous les documents de mon terrain aux enquêteurs avec des actes notariés. J’ai acheté dans les règles de l’art », a-t-il déclaré, selon L’Observateur.
De son côté, Cheikh Kanté, dont l’audition est annoncée dans les prochains jours, rejette catégoriquement toute implication. Joint par téléphone par le quotidien, l’ancien directeur général du Port autonome de Dakar assure disposer d’actes notariés authentiques et annonce son intention de porter plainte pour diffamation contre le représentant des héritiers. « Je vais porter plainte. Il faut qu’il arrête de salir d’honnêtes citoyens », a-t-il martelé.
Quant à Abdoulaye Dia, actuellement en déplacement, il n’a pas encore réagi publiquement. Toutefois, il a été officiellement informé de sa convocation par les enquêteurs de la Sûreté urbaine, précise L’Observateur.
Les auditions, qui devraient se poursuivre jusqu’à la fin du mois de janvier, ont pour objectif d’établir l’authenticité des titres fonciers produits par chaque partie et de remonter à l’origine d’éventuelles falsifications. Une affaire à suivre de près, tant ses enjeux judiciaires, politiques et économiques s’annoncent majeurs.
Source : L’Observateur
