Presse sénégalaise : des réformes urgentes pour sauver la democratie Etat , parlementaires, acteurs des médias , à vos micros et plumes

Quand la confusion médiatique menace la stabilité nationale

 

Au Sénégal, la stabilité pérenne du pays et la consolidation de la démocratie passent nécessairement par une presse responsable, professionnelle et engagée au service exclusif de l’intérêt général. Or, la profession journalistique traverse aujourd’hui une crise profonde, marquée par une confusion généralisée, des exagérations répétées et une perte inquiétante de crédibilité.

Tout le monde se dit journaliste. Tout le monde se proclame directeur des programmes, chef de desk ou analyste politique. Le journalisme est devenu, pour certains, un simple gagne-pain, ouvert à des intrus sans formation, sans éthique et sans maîtrise des règles élémentaires du métier. Cette situation nuit gravement à la qualité de l’information et fragilise la conscience citoyenne.

Le paradoxe est frappant : des journalistes diplômés, formés dans des écoles de journalisme et de communication de renom, n’ont plus toujours la possibilité de servir leur nation, pendant que des individus sans qualification occupent les plateaux, les micros et les colonnes. Lors de certains reportages, on voit des journalistes professionnels côtoyer des personnes incapables d’écrire correctement leur propre nom. Cette banalisation de l’amateurisme est une insulte à la profession.

Une grande partie des difficultés que traverse le Sénégal trouve aujourd’hui un relais — et parfois une amplification — dans certains médias. La presse s’est fragmentée en camps politiques : presse d’opposition, presse de personnalités politiques, presse militante. Les dérapages se multiplient, la rigueur disparaît et l’on laisse faire.

Pourtant, le pays a connu des références incontestées du journalisme et de l’analyse : le professeur Ibrahima Bakhoum, Bacary Domingo Mané, Pape Diomaye Thiaré, Khaly Seck, Omar Gningue, Pierre Édouard Faye. Leurs analyses, chroniques et éditoriaux suscitaient respect, réflexion et intérêt auprès des auditeurs et téléspectateurs. Aujourd’hui, la corporation semble plongée dans un gouffre profond.

Monsieur le Président de la République,

Monsieur le Premier ministre Ousmane Sonko,

des réformes courageuses et structurantes s’imposent pour refonder une presse véritablement au service de la nation et des institutions. Les Sénégalais sont meurtris, car la presse sénégalaise, jadis pilier de la démocratie, est désormais perçue par beaucoup comme une plaie qui affaiblit, jour après jour, notre système démocratique.

Réformer la presse, c’est assainir l’espace public, restaurer la crédibilité de l’information et renforcer la démocratie.

Mamadou Camara

Journaliste / Communicant

Kaolack

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