Quand la dignité de l’Afrique heurte les dérives de la CAF et de la FIFA
Un malaise profond traverse aujourd’hui le football africain. Longtemps silencieuses, plusieurs fédérations du continent commencent à se sentir atteintes dans leur orgueil, leur dignité et leur droit à l’équité. Face aux dérives répétées, l’indignation monte.
L’Afrique n’est plus ce continent mineur que l’on pouvait marginaliser sans conséquences. Elle a donné au football mondial des figures légendaires : Roger Milla, Samuel Eto’o, Rigobert Song, El Hadji Diouf, Kalidou Fadiga, Racine Kane, Didier Drogba, Yaya Touré, Salif Keita, Sadio Mané, et tant d’autres. Des fils du continent qui ont prouvé, sur les plus grandes scènes européennes et internationales, que le talent africain n’a rien à envier à qui que ce soit.
Pourtant, aujourd’hui, les compétitions perdent leur crédibilité. Favoritisme, décisions contestables, injustices flagrantes, tout semble parfois orienté vers un seul objectif : faire gagner un trophée au pays organisateur, quitte à piétiner l’éthique sportive. Quand la victoire devient une obligation politique ou institutionnelle, le football cesse d’être un jeu pour devenir une mascarade.
Si un pays hôte doit impérativement soulever le trophée par des moyens extra-sportifs, alors oui, il est temps de sonner la révolution contre une injustice trop longtemps subie par les équipes africaines. Le football ne peut prospérer dans le mensonge et la manipulation.
Les grandes figures africaines, qui ont été des professionnels respectés en Europe, savent mieux que quiconque que le football du continent progresse à grands pas. Elles savent aussi que, tôt ou tard, l’Afrique noire deviendra l’un des véritables berceaux du football mondial. C’est précisément cette montée en puissance qui dérange.
À travers la FIFA, avec la complicité d’instances continentales fragilisées et parfois complexées, certains cherchent encore à maintenir une forme de domination, une colonisation moderne du football africain. Mais cette époque touche à sa fin.
Les fédérations africaines de football doivent désormais avoir le courage de créer leurs propres cadres de décision, d’envisager le boycott si nécessaire, et de démontrer que les enfants de l’Afrique, qui ont tant donné au football européen et mondial, peuvent enfin prendre leur destin en main.
Nous ne sommes plus à l’ère coloniale où le chantage, la discrimination et l’exploitation étaient les armes pour piller les talents africains. Aujourd’hui, tous les grands clubs européens ont besoin de joueurs africains pour briller en Ligue des champions. Presque chaque sélection européenne compte un joueur d’origine africaine dans ses rangs. Cette réalité change les rapports de force.
Aux anciennes gloires du football africain, toutes générations confondues, le moment est venu de briser le silence. Il est temps de dire non aux injustices, non à l’arbitraire, non aux dérives des instances dirigeantes du football mondial.
Le football africain mérite le respect. Et ce respect ne se mendie plus : il se réclame.
Mamadou Camara
Journaliste
Kaolack
