Il fut un temps où Madiambal Diagne faisait du journalisme. Depuis, il fait du Madiambal. Une matière étrange, gluante, recyclable à l’infini, composée de soupçons frelatés, de contre-vérités premium et de certitudes livrées sans mode d’emploi. La madiambalisation de l’information, c’est ça : un produit éditorial où les faits sont facultatifs, mais l’obsession obligatoire.
Chez Madiambal, l’information ne se vérifie pas, elle se fabrique. Elle ne se recoupe pas, elle se récite. Peu importe la réalité : elle est toujours coupable de ne pas confirmer ses éditos. Quant à Ousmane Sonko, inutile de vérifier quoi que ce soit : il est condamné à perpétuité médiatique, sans procès, sans preuves, mais avec beaucoup de salive.
Depuis qu’il a discrètement quitté le pays, abandon de poste patriotique, direction le pays de Marianne, Madiambal Diagne observe le Sénégal comme on regarde une série Netflix : à distance, avec des commentaires péremptoires et une compréhension approximative du scénario. L’exil n’a pas affaibli son zèle : il l’a libéré. Désormais, il ment en toute tranquillité, hors sol, hors honte, hors frontières.
Il ment. Il persiste. Il récidive.
Et demain, il mentira encore, non pas parce qu’il se trompe, mais parce que le mensonge est devenu son fonds de commerce.
Le plus fascinant reste cependant ailleurs : qui sont ces sites, ces plateformes, ces médias qui continuent de lui tendre le micro ? Ont-ils égaré leur boussole éditoriale ? Ont-ils confondu crédibilité et visibilité ? Ou sont-ils victimes du syndrome bien connu du “tant qu’il parle, ça fait du clic” ?
Car soyons sérieux deux minutes, enfin, autant que possible : la crédibilité de Madiambal Diagne est aujourd’hui un bien archéologique. On la cherche à la lampe torche, on l’expose dans des musées, on en parle au passé. Chaque prise de parole est une démonstration de force… contre la vérité. Chaque tribune est un crash-test pour l’intelligence du lecteur.
La madiambalisation, ce n’est plus de l’opinion.
C’est de la désinformation maquillée en analyse.
C’est de la rancune grimée en éditorial.
C’est du journalisme cosplay, sans enquête, sans terrain, sans scrupules.
Et le plus cocasse, c’est que Madiambal finit par croire à ses propres bobards. Il se regarde mentir comme d’autres se regardent travailler. À force de répéter la même fable, il espère que la réalité finira par capituler, épuisée. Spoiler : la réalité ne lit pas ses chroniques. Le drame, ce n’est pas qu’un homme mente.
Le drame, c’est qu’on fasse encore semblant de l’écouter comme s’il informait.
La madiambalisation de l’information est une pollution médiatique : elle trouble les eaux, asphyxie le débat et transforme le journalisme en stand-up idéologique. Un numéro rodé, sans surprise, sans talent, mais avec beaucoup de bruit.
À force de crier au scandale imaginaire, Madiambal Diagne est devenu le meilleur caricaturiste de lui-même. Et le Canard, s’il devait conclure, dirait simplement :
quand on n’a plus de faits, on élève le mensonge au rang de ligne éditoriale et on appelle ça du courage.
Malick BA
