Quand le président de la FIFA faillit à son devoir de neutralité et s’expose à de graves accusations d’ingérence
Par Bamba Kassé
À la suite de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2026, disputée au Maroc et remportée par le Sénégal, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a cru devoir réagir par un communiqué transmis à l’AFP, dénonçant le comportement de joueurs et membres du staff sénégalais, tout en appelant la CAF à prendre des « mesures appropriées ».
Une sortie aussi grave que problématique, tant sur la forme que sur le fond.
Un communiqué fantôme qui interroge
Premier fait troublant : ce communiqué, pourtant présenté comme une position officielle de la FIFA sur des faits jugés « inacceptables », n’apparaît nulle part sur les canaux institutionnels de l’organisation mondiale du football.
Pourquoi un tel texte, engageant directement l’autorité du président de la FIFA, est-il diffusé uniquement à certains médias triés sur le volet ?
Pourquoi ne figure-t-il pas sur le site officiel de la FIFA ?
Cette discrétion sélective interroge la crédibilité du message et révèle un manque de transparence incompatible avec la gravité des accusations formulées.
Une neutralité rompue, une indignation à sens unique
Le président de la FIFA n’est pas un acteur partisan. Il est le mandataire de plus de 200 fédérations nationales, toutes égales en droits et en dignité. À ce titre, il est tenu à une neutralité absolue.
Or, en ciblant exclusivement « le comportement de certains joueurs sénégalais et membres du staff », Gianni Infantino a choisi son camp.
Il a soigneusement omis de mentionner les multiples actes antisportifs et violences visibles, documentées et diffusées à travers le monde :
des stadiers impliqués dans des agressions,
des ramasseurs de balles provocateurs,
des joueurs marocains impliqués dans des intimidations,
un banc technique en perte totale de contrôle,
un joueur remplaçant sénégalais, Yohane Diouf, acculé et pourchassé.
Rien de tout cela n’a mérité la moindre condamnation dans le communiqué présidentiel.
Cette indignation sélective constitue une rupture manifeste du devoir de neutralité.
Violence : une accusation sans preuves
Condamner la violence est une évidence. Encore faut-il la documenter honnêtement.
Quel joueur sénégalais ?
Quel membre du staff ?
Quel acte précis ?
Quelle victime ?
À ce jour, aucune preuve tangible n’a été produite établissant une violence imputable aux joueurs ou dirigeants sénégalais.
Si des heurts ont opposé supporters sénégalais et stadiers, que les images de vidéosurveillance soient rendues publiques afin d’identifier les responsabilités réelles.
Désigner un camp sans preuves revient à construire une accusation fallacieuse, au mépris des principes élémentaires de justice sportive.
Une ingérence grave dans les affaires de la CAF
Le point le plus préoccupant reste l’appel explicite du président de la FIFA à la CAF pour qu’elle prenne des sanctions.
Gianni Infantino se permettrait-il une telle démarche vis-à-vis de l’UEFA ?
Oserait-il suggérer des sanctions contre une sélection européenne ?
En agissant ainsi, le président de la FIFA s’immisce directement dans le fonctionnement disciplinaire d’une confédération continentale, fragilisant par avance toute décision future en lui retirant son caractère objectif et indépendant.
Il s’agit là d’une ingérence manifeste, incompatible avec les statuts et l’éthique de la gouvernance sportive internationale.
Une faute politique et institutionnelle majeure
Au regard des faits, Gianni Infantino est accusé :
de rupture du devoir de neutralité,
d’ingérence dans les affaires internes de la CAF,
de propos diffamatoires visant une association membre,
d’un usage partisan et opaque de la communication institutionnelle.
Autant de manquements graves qui interrogent sa légitimité à diriger l’instance suprême du football mondial.
Conclusion
Le football africain mérite respect, équité et considération.
Il ne saurait être gouverné par des postures sélectives, des indignations orientées et des injonctions condescendantes.
Quand le président de la FIFA oublie qu’il est un arbitre institutionnel et non un procureur politique, c’est l’essence même du football mondial qui vacille.
Bamba Kassé
Journaliste sénégalais
Source : Page Facebook
Repris par Camou Communication
