Litige foncier entre Dabaly, Nioro-du-Rip et Darou Salam : Nioro serait la grande perdante si une solution administrative n’est pas trouvée

Le différend foncier opposant les communes de Nioro du Rip, Dabaly et Darou Salam continue de susciter une vive inquiétude au sein des populations de Nioro du Rip, qui s’estiment aujourd’hui les grandes perdantes de cette recomposition territoriale.

Avec une population estimée à 28 491 habitants pour une superficie d’environ 500 hectares, la commune de Nioro du Rip fait face à une pression démographique croissante. À titre comparatif, Darou Salam compte 31 161 habitants pour 21 955 hectares, tandis que Dabaly regroupe 21 villages, 15 254 habitants et dispose de plus de 11 000 hectares.

Pour les populations de Nioro, ces chiffres parlent d’eux-mêmes et posent la question de l’équité territoriale.

Plusieurs espaces considérés comme appartenant historiquement à la commune de Nioro du Rip seraient aujourd’hui administrativement rattachés aux communes voisines. Parmi les cas les plus emblématiques figure l’École de formation des sapeurs-pompiers, prête à être inaugurée, mais qui risque de relever administrativement de la commune de Dabaly, bien qu’implantée au cœur de l’aire géographique de Nioro du Rip.

La commune de Darou Salam est également pointée du doigt pour l’implantation de lotissements et d’infrastructures majeures sur des terres revendiquées par Nioro du Rip, notamment le Centre de Formation et de Perfectionnement Agricole (CFPA), l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA), l’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS), la station EDK, la station météorologique, ainsi que la poursuite de la construction d’un dépôt de gaz à proximité des stations EDK et Total, sans affichage visible de tableaux de chantier mentionnant les autorisations administratives requises.

Pour les populations de Nioro du Rip, toutes ces infrastructures, qu’elles soient achevées ou en cours de réalisation, se situent bel et bien sur le territoire communal de Nioro. Face à la presse, elles dénoncent un démembrement progressif de leur terroir au profit des communes voisines, avec des conséquences lourdes à moyen et long termes.

À leurs yeux, l’avenir de la commune est en jeu. La réduction continue de son espace territorial pourrait entraîner une baisse significative des recettes fiscales, mais aussi une raréfaction des zones d’habitation, dans un contexte où la population ne cesse d’augmenter.

Les populations de Nioro du Rip interpellent ainsi solennellement le Chef de l’État, le Premier ministre et les ministères compétents, afin qu’une lecture concertée, équilibrée et équitable de ce dossier foncier soit engagée, dans l’intérêt de la stabilité territoriale et de la cohésion sociale.

 

Même si certaines décisions peuvent être administrativement actées, les populations estiment que, moralement et socialement, une telle situation reste inconcevable. Le bon sens et la logique territoriale commandent une réévaluation approfondie de ce dossier sensible.

Par Mamadou Camara, journaliste

Camou Communication

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comment 2 commentaires
  • Anonyme

    Nous, habitants de Nioro et citoyens engagés, exprimons notre indignation totale face à l’agression foncière en cours contre notre ville. Le maire de Dabaly est directement impliqué dans des lotissements illégaux qui spolient nos terres ancestrales, menaçant notre agriculture, notre habitat et notre dignité collective.
    Nous exigeons sans délai :
    L’arrêt immédiat de tous les lotissements illégaux initiés par le maire de Dabaly.
    L’annulation des attributions frauduleuses et la restitution des terres spoliées.
    Nioro résistera à cette injustice ! Mobilisons-nous pour protéger notre patrimoine foncier.

  • Ibrahima Diop

    Cette situation que vit Nioro est inique, moralement insupportable et légalement insoutenable. Le décret de 2003 « approuvent et rendant exécutoire le PDU de Nioro », autorise la ville à croître jusqu’à concurrence de 660 ha. Ce décret n’est jamais évoqué par les autorités administratives dans leurs décisions. Or il n’y a rien de plus récent quand il s’agit de la superficie autorisée de la ville de Nioro.
    Nonobstant tout cela, Nioro ne peut pas être confiné dans ses limites de 1960, à l’époque de la fédération du Mali.
    Des communes nées en 2013 peuvent grandir jusqu’à créer de « nouveaux villages » (qui sont en réalités des quartiers de Nioro) là ou Nioro n’a aucune possibilité de croissance. L’État doit remettre les choses à l’endroit et des clarifications légales apportées.

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