Quand les registres disparaissent, c’est l’identité nationale qui vacille
Depuis quelque temps, une série d’arrestations opérées par les forces de l’ordre met en lumière un fléau aussi silencieux que dangereux : la falsification des filiations, des documents d’état civil et des papiers administratifs. Derrière ces interpellations se cache un réseau tentaculaire, organisé, et manifestement bien implanté.
Des actes de naissance et autres documents officiels seraient vendus à des étrangers, parfois avec la complicité d’agents indélicats. Plus grave encore, des citoyens sénégalais, ayant légalement obtenu leurs extraits de naissance, découvrent avec stupeur que leurs noms ont disparu des registres lorsqu’ils sollicitent à nouveau des copies. Une situation aberrante, humiliante et profondément inquiétante.
Ce trafic ne relève plus de simples irrégularités administratives. Il s’agit d’une atteinte frontale à l’État, à la souveraineté nationale et aux droits fondamentaux des citoyens. L’état civil constitue la base de toute organisation républicaine : sans identité fiable, il n’y a ni citoyenneté, ni justice sociale, ni sécurité.
Face à l’ampleur du phénomène, les autorités ne peuvent se contenter d’actions ponctuelles. Les enquêtes doivent être poussées, approfondies et étendues à tous les niveaux. Le réseau semble vaste, diffus, et présent sur plusieurs territoires. Nul ne doit être au-dessus de la loi.
Le Chef de l’État, le Premier ministre, les députés, la société civile, les magistrats, les forces de sécurité et l’ensemble des acteurs publics doivent se lever, ensemble, pour mettre un terme définitif à ce fléau. Laisser perdurer ces pratiques, c’est accepter que l’injustice frappe les plus vulnérables, ceux qui aujourd’hui paient le prix fort de ces actions frauduleuses et illégales.
L’urgence est nationale. Restaurer la crédibilité de l’état civil, protéger les citoyens et sanctionner sévèrement les coupables ne sont pas des options : ce sont des impératifs républicains.
Par Mamadou Camara, journaliste
Camou Communication
Kaolack

Babacar kebe
Quel dommage, des sanctions sévères s’avèrent nécessaire