Les lampions s’éteignent dans la capitale chérifienne. Un mois durant , le continent africain est le point d’attraction. Le ballon rond, outil du sport roi, le football, permet d’effacer toutes les disparités politiques, économiques, sociales et culturelles. Les populations, comme un seul homme, communient dans la ferveur, dans une joie contagieuse et dans l’allégresse générale. Le sport en général, le football en particulier, malgré les énormes enjeux, reste et demeure un élément mobilisateur et fédérateur. Mais la fête continentale qui semble échapper aux crocs d’une pratique dégradante avec toutes les innovations technologiques, hélas, finit par succomber aux démons de l’affairisme incarné par des structures comme la C.A.F. et la FIFA, sensées gérer dans l’équité, la transparence, la justice et en toute impartialité. La finale de cette compétition opposant le Maroc et le Sénégal met à nu un système fondé sur la corruption, la délation, l’injustice. La réaction de l’équipe sénégalaise est une dénonciation d’un ordre mondial basé sur l’exploitation éhontée des peuples et une manière d’étouffer toute forme d’émancipation en vue de briser les chaînes entravant tout processus de développement . La réaction à travers le monde et l’accueil triomphal sont les expressions d’un raz le bol d’une jeunesse citoyenne, éprise de justice et hostile à un mode de gouvernance mondiale. Ils illustrent le refus d’un diktat, d’une soumission à un ordre établi et l’affirmation d’une dignité, d’un honneur, valeurs cardinales, d’un Sénégal et d’une Afrique debout. La C.A.F. et la FIFA ne sont que le prolongement du système décrié.
Le Sénégal vient de montrer la voie. Une voie difficile où la désinformation, la calomnie, les montages par le biais de l’internet et de l’I.A. vont inonder l’espace public.Des médias, des journalistes, des chroniqueurs vont s’atteler à dénigrer, à tenter de déstabiliser l’équipe nationale, pour des desseins inavoués ,sous le prétexte d’un manque de fair-play feignant oublier sciemment que le fair-play est d’abord le respect scrupuleux des règles d’éthique et de justice. Mais c’est le difficile qui est le chemin. C’est le même combat que mènent les autorités gouvernementales contre le F.M.I. à la politique inique, ruineuse et impitoyable dictée par de puissants lobbies financiers tapis dans l’ombre dont le seul objectif est de maintenir les pays comme le Sénégal dans la dépendance, la pauvreté et le sous-développement. Et c’était aussi le combat que notre grand patriote feu Ahmadou Moctar Mbow, ancien secrétaire général de l’UNESCO, avait livré contre ce monstre froid, malgré la noblesse du combat, la remise en cause de l’ordre mondial de l’information et de la communication. Un soutien populaire, à l’image de la mobilisation à l’accueil des Lions et celui de tous les africains sont un impératif. Car le combat entamé par le Sénégal est un combat africain.
Le système est cynique, impitoyable et écrase toute velléité de défiance, de résistance sur son chemin comme un rouleau compresseur. Cependant, une mobilisation populaire dans une unité sans faille détruit tout système. Car nul ne peut résister à une déferlante vague populaire.
Iba SENE- Dialègne -Kaolack
