Affaire Madiambal Diagne : Dakar détaille à la Justice française les accusations financières

Le dossier de demande d’extradition de Madiambal Diagne connaît une avancée majeure. Saisie d’un supplément d’informations, la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Versailles a reçu, le 8 janvier 2026, une réponse officielle des autorités sénégalaises détaillant les faits reprochés à l’intéressé.

Dans ce courrier transmis par le ministère sénégalais de la Justice figurent notamment une note du président du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF), ainsi que des extraits de la Constitution, du Code de procédure pénale et du décret relatif à l’exécution et à l’aménagement des sanctions pénales. L’objectif affiché est de préciser le fond du dossier et de rassurer la juridiction française sur les garanties judiciaires offertes au mis en cause.

Au cœur de l’affaire se trouve un partenariat public-privé estimé à 250 milliards de francs CFA, portant sur la construction et la modernisation des infrastructures judiciaires au Sénégal. Selon un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), Madiambal Diagne aurait, via une société familiale dénommée Sci Pharaon, conclu dès février 2020 un contrat de sous-traitance avec l’entreprise Ellipse Projects Ltd, avant même la signature de la convention principale.

Ce contrat prévoyait une rémunération supérieure à 20 milliards de francs CFA pour des missions qualifiées d’« assistance et de suivi ». Un montant jugé disproportionné par les enquêteurs au regard de la capacité technique limitée de la société concernée.

Le document transmis à la Justice française évoque également d’importants mouvements financiers enregistrés entre avril 2021 et juin 2022. La Sci Pharaon aurait perçu près de 12 milliards de francs CFA par virements bancaires, sans justification économique probante. Les enquêteurs relèvent notamment le versement à deux reprises d’un montant identique de 2 milliards de francs CFA pour une même prestation.

Ces fonds auraient ensuite fait l’objet de retraits massifs en espèces. L’épouse de Madiambal Diagne aurait ainsi encaissé sept chèques, pour un montant cumulé de 1 milliard 676 millions de francs CFA.

Afin de lever toute réserve de la juridiction française, les autorités sénégalaises ont insisté sur les garanties procédurales prévues par le droit national. Elles rappellent l’indépendance des magistrats, le respect des droits de la défense, la présence obligatoire d’un avocat dès l’interpellation, ainsi que la possibilité de mesures alternatives à la détention, telles que le contrôle judiciaire ou l’assignation à résidence sous surveillance électronique.

Le Sénégal assure également que l’inculpé bénéficiera d’un procès équitable, public et contradictoire, avec des voies de recours devant la Cour d’appel et la Cour suprême.

La Cour d’appel de Versailles, qui a reporté son délibéré au 3 mars prochain, devra désormais se prononcer sur la demande d’extradition à la lumière de ces nouveaux éléments.

 

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