L’affaire présumée de transmission volontaire du VIH/Sida défraie actuellement la chronique. Depuis plusieurs jours, certains chroniqueurs et journalistes occupent les plateaux et les réseaux sociaux en s’attardant sur des détails, évoquant des supposées « listes » et alimentant le sensationnel.
Les faits, s’ils sont établis par la justice, sont d’une extrême gravité. Mais au-delà du bruit médiatique, il s’agit avant tout d’un problème de santé publique majeur.
Dans un tel contexte, la presse ne devrait pas se transformer en tribunal populaire, ni en caisse de résonance de rumeurs et d’éléments relevant de la vie privée. Ce moment exige de la retenue, du professionnalisme et un sens élevé de la responsabilité sociale.
Ce n’est pas une période de spectacle. C’est du sérieux.
Le Sénégal n’a pas besoin d’emballement médiatique. Il a besoin de sensibilisation, d’information fiable et d’accompagnement des autorités sanitaires.
La presse devrait :
Sensibiliser sur les modes de transmission et de prévention du VIH ;
Alerter sur les dangers des comportements à risque ;
Accompagner les autorités étatiques, locales et sanitaires dans la recherche de solutions ;
Organiser des campagnes d’information dans les universités, écoles, quartiers et marchés ;
Lutter contre la stigmatisation, qui demeure un frein majeur au dépistage et à la prise en charge.
Mettre le focus sur des vies privées, s’attarder sur des détails inutiles ou céder à l’enfantillage médiatique ne contribue en rien à freiner le fléau. Au contraire, cela détourne l’attention de l’essentiel : la prévention, le dépistage et la prise en charge.
Le VIH/Sida n’est ni une rumeur ni un sujet à exploiter pour faire de l’audience. C’est une réalité sanitaire qui exige maturité, rigueur et humanité.
La presse sénégalaise a un rôle fondamental à jouer : éclairer, éduquer, responsabiliser.
Plus que jamais, il est temps de revenir à l’éthique journalistique et à la mission première des médias : servir l’intérêt général.
Mamadou Camara
Journaliste
Kaolack
