Après CAN : Entre liesse populaire et silence douloureux Le trophée fêté à l'interieur du Sénégal à l' absence de 18 supporters sénégalais emprisonnes au Maroc

La fête… et l’oubli ?

Au lendemain du sacre continental, alors que la Coupe d’Afrique des Nations poursuit son tour triomphal à travers le Sénégal, une autre réalité, plus sombre, interpelle les consciences.

Pendant que le trophée brille sous les projecteurs et traverse villes et régions dans une ambiance de fête, 18 supporters sénégalais restent détenus au Maroc, dans l’attente d’être fixés sur leur sort.

Ils étaient partis soutenir les Lions, donner de la voix pour ce deuxième titre continental, défendre les couleurs nationales avec ferveur. Aujourd’hui, leurs familles vivent dans l’angoisse, entre espoir et incertitude. À Kaolack comme ailleurs, le sujet est sur toutes les lèvres.

Une priorité morale ?

L’acte de présenter le trophée au peuple est noble. Il est légitime de célébrer une victoire qui rassemble et honore la nation. Mais dans certains contextes, la célébration devrait s’accompagner d’un devoir de conscience.

La Fédération sénégalaise de football, le ministère concerné et l’État, malgré les efforts diplomatiques engagés, sont interpellés par une opinion publique qui estime que l’urgence est ailleurs.

Avant le folklore et le tintamarre, ne faudrait-il pas placer au premier plan le sort de ces 18 compatriotes ?

Beaucoup estiment que le trophée aurait pu, symboliquement, être présenté aux familles des détenus. Un geste fort, porteur de solidarité nationale. Car ces jeunes supporters se sont sacrifiés, à leur manière, au même titre que les joueurs, pour défendre l’honneur du Sénégal.

Entre joie et responsabilité

À Kaolack, certains citoyens parlent d’une situation « ahurissante ». Comment comprendre que la coupe circule en grande pompe, pendant que des supporters croupissent encore en prison à l’étranger ?

La liesse populaire ne doit pas effacer la responsabilité morale.

Aujourd’hui, l’urgence est claire : s’occuper prioritairement du sort des 18 supporters sénégalais toujours détenus au Maroc. La victoire sportive est historique, mais la grandeur d’une nation se mesure aussi à sa capacité à protéger et soutenir ses fils, surtout dans l’épreuve.

Mamadou Camara, journaliste

Kaolack

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